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L’Andrea Doria vient s’entrainer à Toulon

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Cousin italien des frégates françaises Forbin et Chevalier Paul, l’Andrea Doria est arrivé mercredi à Toulon avec ses 250 marins. Une présence dans le port varois et au large des côtes de Provence qui durera jusqu’au 18 mars. Car le bâtiment de la Marina militare ne vient pas uniquement pour une visite de courtoisie, mais aussi et surtout pour suivre un stage de mise en condition opérationnelle (MECO) organisé par la division entrainement de la Force d’Action Navale. A ce titre, l’Andrea Doria participera à plusieurs exercices menés conjointement avec le Forbin, à côté duquel il s’est amarré à Toulon.

Les deux bâtiments font partie d’une série de quatre unités réalisées dans le cadre du programme franco-italien Horizon. Alors que les Forbin et Chevalier Paul, mis en service en 2010 et 2011, ont été construits par DCNS à Lorient, l’Andrea Doria et la Caio Duilio sont sortis des chantiers Fincantieri de Riva Trigoso. Opérationnels depuis 2011 et 2012, ces bâtiments, appelés dans la nomenclature internationale destroyers et, dans la marine italienne, contre-torpilleurs lance-missiles  (« cacciatorpediniere lanciamissili »),  sont du même gabarit que les frégates de défense aérienne françaises.

 

Le Forbin et l'Andrea Doria hier, à Toulon (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Equipements communs

 

 

Longs de 152.9 mètres, ils présentent un déplacement de plus de 7000 tonnes en charge et peuvent atteindre la vitesse de 29 nœuds. Les quatre Horizon partage le gros de leurs équipements, à commencer par leur système d’armes principal, le PAAMS (Principal Anti Air Missile System) articulé autour de 32 missiles surface-air Aster 30 et 16 Aster 15. Sont également communs les turbines à gaz GE/Avio ainsi que les moteurs diesels MAN, les torpilles MU90, les radars EMPAR et S 1850 M de conduite de tir et de veille, les brouilleurs JASS, le sonar 4110, ou encore système anti-torpille SLAT … On notera à ce propos que les Italiens ont  plutôt bien négocié les partages industriels liés à la coopération, en fournissant, pour les équipements communs, à peu près tout leur matériel disponible pour n’acquérir auprès des français que des équipements pour lesquels l’Italie ne compte pas d’industriel de référence.

 

La frégate Chevalier Paul (© MARINE NATIONALE)

 

La frégate italienne Andrea Doria (© MARINE NATIONALE)

 

 

Différences entre les bâtiments français et italiens

 

 

On observe de plus un certain nombre de différences, liées à des préférences nationales en termes de fournisseurs. C’est notamment le cas pour les 8 missiles antinavire embarqués, des Otomat Mk2 italiens pour les Andrea Doria et des Exocet MM40 Block3 français pour les Forbin. Dans le domaine de l’artillerie, les Italiens ont ajouté une troisième tourelle de 76mm (conçue par leur fabricant national OTO-Melara), située à l’arrière, là où les Français ont choisi d’intégrer un second brouilleur JASS (Thales/Eletronicca) en lieu et place des deux systèmes sextuples SADRAL (missiles Mistral) initialement prévus sur les Forbin et Chevalier Paul. Les Andrea Doria et Caio Duilio disposent également de deux canons de 25mm OTO-Melara au lieu des deux affûts de 20mm des frégates françaises. Les lance-leurres anti-missiles sont aussi différents, avec des SCLAR-H (OTO-Melara) pour les Italiens et des NGDS (Sagem) pour les Français. Enfin, l’hélicoptère embarqué est un AW-101 Merlin sur les Andrea Doria et un NH90 (ou Panther) sur les Forbin.

 

 

La frégate Chevalier Paul (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

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