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Langoustine : Lorient veut faire voyager la « demoiselle »

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Langoustine : Lorient veut faire voyager la « demoiselle »

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Sa chair est fine et délicieuse et ce qui ne gâche rien, la langoustine est le fruit d’une pêche qui se veut durable et responsable. Premier port de pêche français, Lorient a donc choisi d’en faire son emblème. 900 tonnes de « demoiselles » pêchées dans le golfe de Gascogne par 35 chalutiers lorientais ont été débarquées l’an dernier. Ce qui fait aussi de Keroman, le premier port de langoustines vivantes.

Les deux tiers des débarquements sont consommés dans le Grand Ouest. La région parisienne en est aussi friande et des camions prennent la direction de Rungis. Mais la zone de commercialisation de la langoustine vivante se trouve réduite en raison de la fragilité de l’animal. Arrivée sur les étals de la capitale, elle fait parfois triste mine. D’où la volonté des différents acteurs de la filière de travailler sur de nouvelles techniques de conservation qui amélioreraient le transport au-delà de quelques centaines de kilomètres. Bien sûr pour en faire profiter les consommateurs au-delà de l’Ouest, mais aussi pour trouver de nouveaux débouchés en période d’abondance comme en 2016 et 2017. Sans que les prix ne chutent localement.

Des tests cet été du bateau à l’étal

La démarche suppose que tous les acteurs de la mer à l’assiette y mettent du leur, car la qualité ne se décrète pas en bout de chaîne. Les pêcheurs sont les premiers maillons de la chaîne de qualité. Et l’organisation professionnelle « Les pêcheurs de Bretagne » est largement partie prenante avec notamment le scientifique Thomas Rimaud qui pilote les expérimentations. Depuis plusieurs années, les pêcheurs améliorent régulièrement la sélectivité des engins de pêche pour éviter de capturer les juvéniles, afin d’effectuer le tri sur le fond plutôt que sur le pont. Ils ont mis en place un système de goulotte sur la table de tri qui renvoie les langoustines sous taille (9 cm contre 7 cm imposés par l’Europe) à la mer avec une capacité de survie de 55 %. Il leur reste encore à améliorer les conditions de stockage à bord en vivier.

Des investissements sur le port de Keroman

À quai aussi, des tests seront menés pour optimiser le stockage par brumisation, en vivier, à des températures différentes, dès l’été. Respectivement président de Lorient agglomération et de la société d’économie mixte (Sem Keroman) qui gère le port de Lorient, Norbert Métairie et Jean-Paul Solaro annoncent que sur les 40 millions d’euros destinés à moderniser le port, une partie concernera des équipements pour conserver la langoustine et le poisson vivant à terre en vue de sa commercialisation. « L’usine d’eau de mer sera refaite, on va doubler la capacité des viviers, on a une salle de brumisation pour les langoustines ». Comme les mareyeurs, les transporteurs vont aussi être associés à la démarche.

À la fin de l’été, un premier bilan de l’étude sera dressé pour définir les meilleures pratiques et définir un modèle économique. Le port de Lorient qui compte 3 000 emplois (amont-aval) espère y trouver un nouveau relais de croissance.

Un article de la rédaction du Télégramme