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Aménagement du Littoral
Lannion : Le Conseil d'Etat déboute les opposants au projet d'extraction de sable

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Lannion : Le Conseil d'Etat déboute les opposants au projet d'extraction de sable

Aménagement du Littoral

Le Conseil d’État a rejeté hier les recours intentés par l’Association Sauvegarde du Trégor et la commune de Lannion contre la concession accordée à la carrière de sables calcaires de la Pointe d’Armor. Il a estimé que le décret du 14 septembre 2015, objet des recours, avait fait suite à une procédure "régulière". 

Alors que les requérants estimaient notamment que les modifications apportées au projet - réduction du tonnage extrait, limitation saisonnière et de la durée d’exploitation - justifiaient l’ouverture d’une enquête publique complémentaire, le Conseil d’État a de son côté jugé que "les modifications apportées après l’enquête publique ne justifiaient pas l’organisation" d’une telle enquête.  Les juges ont également mis en avant "l’utilité des sables coquilliers pour l’agriculture" et "les précautions qui ont été prises pour limiter l’impact sur l’environnement" pour rejeter les recours. Dans un communiqué, la Compagnie armoricaine de navigation (CAN) a souhaité "que le redémarrage de l'exploitation du site de Pointe d'Armor puisse lever les craintes de la population locale par rapport aux impacts potentiels de l'activité. Celui-ci n'interviendra qu'après le renouvellement de l'arrêté préfectoral".

Les opposants annoncent une manifestation

L'association Peuple des Dunes de Batz à Bréhat prévoit d'organiser une manifestation à Lannion "dans les dix jours qui viennent", annonce François Luce, son président. Tandis que le président de l'Agglo accuse le coup. "Ce sera plutôt une manifestation symbolique et assez festive", indique François Luce. L'association n'est pas surprise par cette décision : "Le Conseil d'Etat se base sur la loi, qui est le code minier, qui n'est pas du tout adapté aux questions environnementales et encore moins à la mer." De son côté, Joël Le Jeune, président de Lannion-Trégor Communauté, se désole : "Aucun de nos arguments n'est entendu". "Le décret est confirmé et il reste deux choses : l’action au tribunal administratif contre les arrêtés préfectoraux et peut-être convaincre Roullier de renoncer. Il n’y a pas de besoin avéré de ce sable compte tenu des stocks. Que le groupe Roullier aille extraire plus au large, ce serait une sortie par le haut. "

"Nous ne lâcherons pas le morceau"

Alain Bidal, le président du collectif Le Peuple des dunes en Trégor aussi réagi.  "Nous avons saisi le commissaire européen à l'environnement, M. Vella, pour lui demander si les directives européennes sont bien respectées, en raison de la proximité des zones Natura 2000, notamment la directive Oiseaux et la directive Habitats. Son cabinet m'a répondu que leurs services analysaient le dossier actuellement et il est possible que le commissaire européen ait des questions à poser à l'Etat français". "Nous ne lâcherons pas le morceau. L'apaisement, ils ne l'auront pas ; la confiance, ils ne l'auront jamais. Et si un jour, les préfets prennent un arrêté d'ouverture des travaux, nous sommes prêts à relancer les manifs", prévient Alain Bidal.

Les préfets ont la main

Ce rejet ne permet pas à la Compagnie armoricaine de navigation (Can), exploitante du gisement en baie de Lannion, de reprendre ses prélèvements de sable coquillier. L'exploitation est soumise à des arrêtés préfectoraux annuels, qui sont arrivés à échéance et n'ont pas été renouvelés. Les préfets du Finistère et des Côtes d'Armor, qui sont compétents sur ce dossier, avaient suspendu les autorisations début novembre, dans l'attente du jugement du Conseil d'Etat mais aussi de compléments d'information demandés à la Can, qui doit les fournir pour le mois de janvier.

Avec la rédaction du Télégramme