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L’appel d’offres pour les nouveaux ravitailleurs britanniques interrompu

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L’appel d’offres pour les nouveaux ravitailleurs britanniques interrompu

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Décidément, les derniers appels d’offres pour les nouveaux bâtiments de la flotte britannique ont bien du mal à aboutir. Il y a d’abord eu la laborieuse procédure pour les frégates du type 31, annulée une première fois puis relancée mais toujours pas aboutie. Les négociations se poursuivent en effet avec le consortium BMT Defence Services, Babcock, Thales, Harland & Wolff et Odense Maritime Technology dont le projet Arrohead 140, adaptation des frégates danoises du type Iver Huitfeldt, a été désigné au mois de septembre comme proposition préférée par le ministère britannique de la Défense.

Le principal défi des T31 est leur prix, extrêmement contraint, Londres voulant des bâtiments à seulement 250 millions de livres chacun. Un montant qui avait entrainé l’échec de la procédure initiale, aucun industriel ne parvenant dans un premier temps à entrer dans cette enveloppe budgétaire.

Voilà maintenant que l’histoire se répète avec le projet Fleet Solid Support (FSS), qui porte sur la construction de deux à trois navires d’environ 40.000 tonnes adaptés au transport de fret solide et de munitions. Des bâtiments notamment conçus pour ravitailler les nouveaux porte-avions de la Royal Navy. Les futurs FSS sont destinés à remplacer les transports de munitions Fort Rosalie et Fort Austin, mis en service en 1978 et 1979, ainsi que le ravitailleur polyvalent Fort Victoria, opérationnel depuis 1994. Tous sont armés par la Royal Fleet Auxiliary.

La commande de leur successeur devait être notifiée en 2020 mais le ministère britannique de la défense (MoD) a annoncé la semaine dernière qu’il interrompait l’appel d’offres international lancé pour ce projet. Si le MoD évoque pudiquement le fait que « l’approche actuelle ne répondra pas à l’exigence » selon une source du ministère citée par le Financial Times, le problème du coût attendu pour ce projet (environ 1 milliard de livres) n’est semble-t-il pas le seul souci. Dans un contexte politique très tendu, avec le bourbier du Brexit et les élections générales anticipées prévues le 12 décembre, le gouvernement préfère manifestement renvoyer cet épineux dossier à plus tard. Depuis plusieurs années, les chantiers, syndicats et élus locaux réclament en effet que ces ravitailleurs soient construits au Royaume-Uni, et non à l’étranger, comme cela a été le cas pour les quatre nouvelles unités logistiques du type Tide, produites en Corée du sud. Une sortie de l’Union Européenne pourrait permettre de confier plus facilement cette commande à l’industrie nationale, même si celle-ci est moins compétitive sur ce type de bateaux. Ce qui serait aussi un signal politique envers les tenants du protectionniste comme de chantiers britanniques qui ont du mal actuellement à remplir leurs carnets de commandes.

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