Défense

Actualité

L’Aquitaine débute sa course d'endurance

Un périple de 15.000 milles et des escales prévues dans 8 pays. Vendredi, l’Aquitaine, tête de série du programme des frégates multi-missions, a quitté Toulon pour débuter son premier déploiement de longue durée (DLD). Etape préalable à son admission au service actif, prévue en fin d’année, celui-ci va permettre de finaliser la vérification des capacités militaires du bâtiment. « Le DLD est un moment central dans le processus de vérification des capacités militaires. Pour l’équipage, le DLD est l’occasion unique d’éprouver le bateau dans différentes configurations. Il s’agit de vérifier qu’un équipage optimisé parvient sur une longue durée, loin des bases de soutien, à faire fonctionner et à entretenir le bateau. Nous naviguerons en eaux chaudes pendant 28 jours et en eaux froides pendant 19 jours, ce qui mettra le matériel un peu à l’épreuve de conditions extrêmes. Opérationnellement, nous participerons à un grand exercice au large des côtes américaines, pour vérifier la capacité du navire à s’intégrer dans un grand dispositif interalliés. Le DLD est aussi l’occasion de montrer le savoir-faire français en matière de matériel et d’équipement naval à nos alliés et à des acheteurs potentiels. Enfin, cette longue mission, en équipage, va fortement contribuer à consolider la cohésion, à créer une histoire, à donner une âme à ce bâtiment qui débute sa carrière », explique le capitaine de vaisseau Benoît Rouvière, commandant de l'Aquitaine.

 

 

Caïman Marine (© : MARINE NATIONALE - ALAIN MONOT)

 

 

Un Caïman Marine qualifié pour la lutte ASM à bord

 

 

Armée par un équipage de 94 marins, soit deux fois moins que les frégates de la génération précédente, la première FREMM française embarque un détachement aéronautique, avec un hélicoptère Caïman Marine de la flottille 33F. C'est d'ailleurs la première fois qu'un appareil de ce type est mis en oeuvre sur une frégate pour une mission lointaine. « Ce déploiement va permettre d’évaluer le savoir-faire du détachement embarqué, optimisé lui aussi, pour la mise en œuvre du Caïman dans la durée. Par ailleurs, l'enjeu sera de taille sur le plan technique : complètement intégrés à la vie du bord, les marins-techniciens du détachement aéronautique œuvreront au quotidien pour assurer à l’hélicoptère sa meilleure disponibilité technique », note la Marine nationale, qui précise que l'équipage du nouvel hélicoptère a récemment reçu sa qualification anti-sous-marine après s'être mesuré à des sous-marins nucléaires d'attaque au large de Brest et de Toulon. Selon l'état-major, ces interactions ont permis de « confirmer la capacité du système de lutte anti-sous-marine de la FREMM à relocaliser très rapidement des contacts de sous-marins détectés à grande distance ».

La frégate qui, lors de son passage en Méditerranée, a pu tester ses moyens de lutte ASM en conditions hivernales et réaliser son premier tir de missile surface-air Aster 15, est donc parée pour se lancer dans le grand bain. Après avoir évolué au large de l’Afrique du nord, elle va gagner l’Amérique latine, puis les Antilles et l’Amérique du nord, avant de revenir en Europe. Différentes escales sont prévues, occasion notamment de présenter le dernier-né de l’industrie navale française à des clients potentiels, comme le Brésil et le Canada, auxquels DCNS, qui a conçu les FREMM et les réalise à Lorient, propose cette nouvelle frégate.

A l’issue de ce déploiement de longue durée, l’Aquitaine doit regagner sa base de Brest au mois de mai.

 

 

L'Aquitaine (© : MARINE NATIONALE - MAEL PRIGENT)

 

Marine nationale