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L’arrêt de la centrale à charbon de Cordemais confirmé en 2022

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L’arrêt de la centrale à charbon de Cordemais confirmé en 2022

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« Le gouvernement mise sur les activités portuaires et maritimes pour penser l’avenir du territoire », assure le ministère de la Transition écologique et solidaire, qui a confimé hier que l'arrêt de la centrale thermique de Cordemais, en bord de Loire, « aura lieu en 2022 ». Il s’agit de l’une des quatre dernières centrales fonctionnant au charbon en France, les trois autres, situées au Havre, à Saint-Avold et à Gardanne, allant également cesser cette activité dans le cadre d’un plan gouvernemental destiné à réduire les émissions françaises de gaz à effet de serre.

Concernant Cordemais, la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon s’est rendue à Nantes vendredi 17 janvier afin de conclure un pacte avec l’ensemble des acteurs concernés (État, collectivités locales, acteurs économiques et associatifs, syndicats) pour accompagner la fin de la centrale à charbon via un plan de revitalisation du territoire. Afin de compenser la perte générée par la centrale, notamment en matière d’emploi, le pacte prévoit de développer de nouveaux trafics et activités dans l’environnement du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire. « Ce Pacte s’inscrit dans la continuité du Contrat d’avenir des Pays de la Loire, signé en février dernier 2019 par le Premier Ministre. Le Gouvernement a souhaité accompagner la dynamique des acteurs du territoire dans lequel la centrale à charbon de Cordemais est située, puisqu’elle est au cœur de l’estuaire de la Loire et donc d’un écosystème industrialo-portuaire large, dont elle constitue un maillon important », a déclaré Emmanuelle Wargon lors de son déplacement.

Le sujet est localement très épineux puisque cette centrale exploitée par EDF emploie 450 salariés et 250 prestataires, tout en générant un trafic portuaire pour l’importation du charbon compris entre 1 et 2 millions de tonnes par an. Il faudra donc d’importantes mesures pour compenser l’arrêt du site et le reclassement de nombreux emplois.  

Est notamment mis en avant l’aménagement de la zone du Carnet, sur laquelle le GMPNSN veut développer un parc dédié aux écotechnologies. Avec selon les autorités un potentiel de 1200 créations d’emplois directs et un millier d’emplois induits. Le développement des énergies marines, en particulier des futurs parcs éoliens au large de Guérande et Yeu-Noirmoutier, prévus pour entrer en service en 2022/2023, est aussi cité par le ministère. Des leviers de croissance ont par ailleurs été identifiés dans le secteur agroalimentaire où les entreprises bretonnes et ligériennes devraient pouvoir accroître leur activité, notamment à l’export, grâce à la création d’une chaîne logistique froide, au développement d’une unité de réception des matières premières pour l'alimentation du bétail ainsi qu’une capacité de stockage de céréales pour l'exportation.

Le Contrat territorial a aussi pour objectif de déployer des innovations pour accélérer et amplifier la transition écologique de l’estuaire : développement d’une filière hydrogène (projet H2 Loire Vallée) production d’énergie photovoltaïque, accélération et massification de la rénovation énergétique des bâtiments tertiaires et des logements, création d’un réseau de chaleur industrialo-urbain sur la zone portuaire et anticipation de la reconversion à terme du site occupé aujourd’hui par la centrale de Cordemais.

D’autres initiatives sont prévues enfin dans le domaine des mobilités. En tout, 31 projets sont à l’étude sur le territoire pour un investissement global potentiel de 275 millions d’euros, dont 53 millions portés par des investisseurs privés. « Le gouvernement a tenu à réunir tout au long du processus de réflexion les différentes parties prenantes pour répondre aux défis que la fermeture de la centrale induit sur le territoire et co-construire localement des perspectives de développement pertinentes. Les projets de ce contrat territorial, qui présentent des degrés d’avancement divers, permettent d’inscrire l’ambition de développement écologique du territoire dans le long terme. Les plus avancés seront mis en œuvre à brève échéance », assure le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Concernant l’autre centrale thermique portuaire appelée à fermer, celle du Havre, son arrêt est prévu par EDF pour le 1er avril 2021. Pour la reconversion du site, les acteurs locaux et l’Etat tablent notamment sur le développement de l’éolien offshore, d’activités de déconstruction de trains, métros et bateaux, le développement de la chimie biosourcée ou encore la création d’un réseau de chaleur desservant la ville et le port du Havre.  

Le pacte conclu au Havre avec le ministère de la Transition écologique et solidaire table aussi sur l’agriculture, en particulier le soutien à une consommation plus forte des produits locaux, ainsi que le recyclage et la valorisation énergétique des déchets. Des volets sur l’amélioration des mobilités, ainsi que la biodiversité et le patrimoine, sont également prévus.

 

La centrale du Havre 

La centrale du Havre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Port de Nantes Saint-Nazaire