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L’assemblage du nouveau patrouilleur polaire canadien s'achève

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L’assemblage du nouveau patrouilleur polaire canadien s'achève

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Mis sur cale en avril 2016, le futur Harry DeWolf, premier des six nouveaux Navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique (NPEA) commandés pour la marine canadienne, voit son assemblage s’achever au chantier Irving d’Halifax. Le 8 décembre, la section de proue a été transférée du hall de construction jusqu’au terre-plein bordant la zone de mise à l’eau, où elle est en cours de soudage et d’intégration au reste de la coque. Celle-ci est constituée de 62 blocs métalliques regroupés en trois grandes sections, dont cette partie avant, les parties centrale et arrière ayant été assemblées l’été dernier.

 

 

L’armement du bâtiment se poursuit maintenant en vue d’un lancement l’été prochain et d’une livraison à la marine canadienne programmée fin 2018. Alors que la construction du second NPEA, le futur Margaret Brooke, est en cours chez Irving, la découpe de la première tôle du troisième (Max Bernays) interviendra d’ici la fin de ce mois. Suivront les William Hall, Frédérick Rolette et Robert Hampton Gray. Tous doivent être livrés d’ici 2022 selon le contrat signé en 2015.

Des unités brise-glace de 6400 tonnes

Egalement appelés AOPS (Arctic Offshore Patrol Ships), ces patrouilleurs polaires de 103.6 mètres de long pour 19 mètres de large afficheront un déplacement de 6400 tonnes en charge. Dotés d’une coque brise-glace, ils pourront naviguer à la vitesse de 3 nœuds dans une épaisseur allant jusqu’à 1 mètre. Leur vitesse maximale en eaux libres sera de 17 nœuds, pour une distance franchissable de 6800 milles à 14 nœuds. L’autonome, très importante, pourra atteindre 120 jours. La partie énergie-propulsion comprendra quatre diesel-générateurs de 3600 kW chacun et deux moteurs d’une puissance unitaire de 4500 kW.

L’équipage sera de 65 marins, les bâtiments pouvant loger 20 personnes supplémentaires. Dotés de différentes embarcations, les Harry DeWolf disposeront aussi de capacités de fret permettant de transporter du matériel. Equipés de puissants moyens de communication, de radars de surveillance et d’artillerie légère, les futurs patrouilleurs pourront mettre en œuvre un hélicoptère, y compris le CH-148 Cyclone.

 

NPEA (© MARINE CANADIENNE)

NPEA (© MARINE CANADIENNE)

 

Le Canada entend faire respecter sa souveraineté dans le grand nord

Selon le gouvernement fédéral, les NPEA joueront un rôle essentiel dans la protection des zones maritimes sous juridiction canadienne dans l’Atlantique, le Pacifique et bien entendu l’Arctique. Conçus pour évoluer en zones polaires, ces bâtiments sont une réponse très claire du Canada aux litiges opposant le pays à ses voisins, à commencer par la Russie et les Etats-Unis, concernant le grand nord. « Les navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique aideront la marine à revendiquer et à faire respecter la souveraineté du Canada dans ses eaux territoriales, y compris en Arctique », assurait en 2015 Ottawa. 

D’un coût global de 3.5 milliards de dollars canadiens (2.45 milliards d'euros), le programme NPEA/AOPS se répartit en plusieurs contrats. En 2013, Irving avait déjà remporté le marché portant sur les études des futurs patrouilleurs, avant de se voir notifier début 2015 leur construction, pour un montant de 2.3 milliards de dollars (1.6 milliard d'euros). Le programme englobe également un stock de pièces de rechange et le soutien initial des NPEA, ainsi que le coût des infrastructures (comme les jetées) qui serviront à ces unités, notamment dans les ports d'Esquimalt (Colombie Britannique), Halifax (Nouvelle Ecosse) et Nanisivik sur l’île de Baffin, dans le territoire du Nunavut.

 

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