Marine Marchande
L'Assemblée territoriale de Corse examine l'avenir de la desserte maritime

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L'Assemblée territoriale de Corse examine l'avenir de la desserte maritime

Marine Marchande

C'est aujourd'hui et demain que l'Assemblée territoriale de Corse doit examiner les contours de la future délégation de service public pour la desserte des ports de l'île. L'actuelle DSP va en effet s'interrompre prématurément le 1er septembre suite à un arrêt rendu en octobre dernier par la Cour administrative d'appel de Marseille. Dans cette perspective, les élus vont étudier les propositions du président de l'exécutif corse, Paul Giacobbi quant à l'avenir de la desserte maritime de l'île. Dans un contexte budgétaire difficile, celui-ci préconise une réduction drastique de la DSP, qui a coûté en 2011 un total de 102 millions d'euros (74 millions versés à la SNCM et 28 millions à La Méridionale). Paul Giacobbi propose de ramener le nombre de passagers subventionnés à seulement 410.000, contre plus d'un million actuellement. Il s'agirait, en fait, de limiter la délégation au service de base, en supprimant le soutien au service complémentaire qui voit un renforcement des rotations subventionnés durant la période estivale. Ainsi, il n'y aurait plus que 23 allers-retours par semaine, soit 34.000 passagers par mois pour Ajaccio et Bastia (desservis 7 jours/7), ainsi que Balagne, Porto-Vecchio et Propriano (3j/7).

Fin de l'aide sociale et pas d'extension de la DSP à Toulon

Dès lors, les ferries seraient exclus de la DSP, qui ne concernerait plus que les cargo-mixtes, chargés prioritairement pour le transport de fret. De ce point de vue, les capacités subventionnées resteraient à un niveau sensiblement équivalent à celui de l'actuelle délégation, soit aux alentours d'1.5 million de mètres linéaires par an.
L'un des rapports présentés par l'exécutif corse propose également de supprimer l'aide sociale au passager sur les lignes hors-DSP (depuis Nice et Toulon) assurées par Corsica Ferries et la SNCM, qui ont respectivement touché à ce titre 14 et 2 millions d'euros l'an dernier. Toutefois, cette aide aux passagers pourrait éventuellement être remplacée par une aide aux résidents corses, au périmètre plus réduit. Enfin, on notera que Paul Giacobbi n'est pas favorable à ce que la DSP soit étendue à Toulon, ce que souhaite la SNCM qui vient d'y ouvrir une ligne.

Nouveau préavis de grève à la SNCM et La Méridionale

Si de telles mesures étaient entérinées par l'Assemblée territoriale, elles constitueraient un véritable coup de massue pour la SNCM et La Méridionale, qui assurent l'actuelle DSP entre Marseille et les ports corses. Pour la SNCM, cela pourrait se traduire par une réduction de la flotte à 7 navires, au mieux, ainsi que la suppression de 800 emplois sur les 2500 que compte de la compagnie. En difficulté, celle-ci joue actuellement son avenir avec cette question, d'autant que son actionnaire majoritaire, Veolia, a annoncé son désengagement. Toutes les options sont évoquées, y compris la création d'une compagnie régionale, par exemple sous forme de société d'économie mixte. Cette hypothèse parait toutefois délicate à mettre en oeuvre, d'autant qu'au-delà de la SNCM, il y a aussi la question de l'avenir de La Méridionale, filiale du groupe STEF, qui arme trois navires sur la DSP.
Les propositions de Paul Giacobbi font en tous couler beaucoup d'encre. A Marseille, la CGT des marins dénonce les menaces qui pèsent sur les compagnies et leurs salariés. Le syndicat a d'ailleurs lancé à la SNCM et La Méridionale un préavis de grève reconductible de 24 heures pour le 27 mars.

Corsica Linea (ex-SNCM)