Science et Environnement
L’Astrolabe achève sa première rotation en Antarctique

Actualité

L’Astrolabe achève sa première rotation en Antarctique

Science et Environnement

Le nouveau patrouilleur polaire français a achevé le 28 novembre sa première rotation logistique au profit des bases scientifiques Dumont d’Urville et Concordia, en Antarctique. Parti le 3 novembre du port australien d’Hobart, en Tasmanie, L’Astrolabe a parcouru 2700 km pour rejoindre le continent blanc, bordé à cette saison par la banquise. Le navire, conçu pour briser jusqu’à 1.5 mètre de glace de première année, s’est frayé un passage à travers le pack mais n’a pas pu s’approcher à moins de 40 kilomètres de Dumont d’Urville, située sur le littoral et qui sert de porte d’entrée à la logistique polaire. Il a donc fallu débarquer le matériel et le personnel de relève des bases au moyen des deux hélicoptères embarqués par le bateau (des AS350 B3 Ecureuil) et de convois motorisés sur la glace, des sondages étant préalablement effectués afin de définir un passage où la banquise était suffisamment solide. On rappellera que ce n’est pas la première fois qu’en ce début d’été austral, l’accès à la côte est impossible. A cette saison, la glace et les icebergs sont en effet encore très abondants, alors que les effets du réchauffement climatique, avec des remontées d’eau froide et la rupture de grands glaciers, ont entrainé une augmentation de la banquise autour du site de la base ces dernières années.

 

 

(© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

 

Un contexte qui n’empêche cependant pas les experts de l’Institut Polaire Français Paul-Emile Victor (IPEV), chargé de conduire et soutenir les programmes scientifiques en Antarctique, de mener à bien leur mission. Evidemment, l’alternative d’un transbordement du matériel et du personnel par la banquise et les airs est plus complexe et longue qu’un débarquement à quai au port de Dumont d’Urville. Mais l’acheminement de ce fret est fondamental car, sans lui, il faudrait tout simplement cesser les programmes scientifiques et évacuer les bases, qui disposent de réserves en vivres et carburant pour permettre à leurs personnels de survivre en cas d’isolement prolongé, mais ne pourraient dans la durée poursuivre leur activité.

Accessible uniquement pendant l’été austral (d’octobre à mars), quand la température remonte et la banquise fond suffisamment pour se frayer un passage jusqu’à la côte, DDU et Concordia achèvent avec l’arrivée de L’Astrolabe leur hivernage. Le navire leur a apporté plus de 1000 tonnes de carburant, dont le Special Antarctic Blend (SAB) qui résiste au grand froid, et près de 200 tonnes de fret en cale et en pontée. En dehors des vivres, du matériel de vie et des équipements scientifiques, il y avait à bord des véhicules chenillés, des traîneaux et des bâches de carburant afin de réaliser le raid logistique sur la glace de mer à défaut de pouvoir débarquer le chargement directement à terre. L’Astrolabe amenait aussi 42 passagers, techniciens et scientifiques, qui vont assurer la relève ou compléter les équipes des stations, plus nombreuses pendant l’été austral.

En tout, quatre rotations seront effectuées d’ici mars prochain par L’Astrolabe, cette première mission étant considérée comme la plus importante puisque les bases n’ont pas été « massivement » ravitaillées depuis 8 mois. Si le soutien de Dumont d’Urville est le plus « simple », celui de Concordia nécessite l’organisation de raids motorisés. Il faut en effet une dizaine de jours pour atteindre cette station franco-italienne, située au cœur du continent, à 1100 km de la côte et 3000 mètres d’altitude. La température dans cette zone est de -40 à -50 degrés à cette période, alors qu’elle descend à -86° en hiver.

Dumont d’Urville peut accueillir jusqu’à une centaine de personnes pendant l’été austral et 25 à 35 hivernants, alors que 50 à 70 personnes travaillent à Concordia en été et 13 à 15 en hiver. Dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète, ces bases mènent de nombreuses études sur l’atmosphère, la glaciologie, la géologie ou encore la biologie marine et la faune littorale. Des programmes scientifiques cruciaux pour, notamment, améliorer la connaissance et la compréhension des évolutions climatiques.

- Voir notre dossier sur la logistique polaire en Antarctique

- Voir notre reportage à bord de L'Astrolabe

 

TAAF | Actualité de l'espace maritime austral et antarctique Arctique et Antarctique | Actualité maritime des zones polaires Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française