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L’Astrolabe se prépare pour sa mission australe et son admission au service actif

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Il s’apprête à arborer sa deuxième casquette : après l’été austral et cinq ravitaillements des bases antarctiques Dumont d’Urville et Concordia, le patrouilleur L’Astrolabe va désormais mettre le cap vers les mers du Sud. Arrivé à La Réunion le 28 mars dernier, il est à quai pour un arrêt technique jusqu'au 27 avril. La Marine nationale, qui arme le navire, précise, sans plus de détails, qu’il s’agit de « réaliser des travaux en vue de son admission au service actif fin mai ».

L’Astrolabe n’est, en effet, pas encore formellement entré dans la flotte de la Marine nationale. Propriété de l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises, il cumule les fonctions logistiques - desserte antarctique sous la houlette de l’Institut Polaire Paul-Emile Victor - et régaliennes dans la zone des TAAF. Dans le cadre de ces dernières, il va notamment conduire des missions de surveillance et de police des pêches, prenant le relais du patrouilleur austral L’Albatros, désarmé à l’été 2016. L'Astrolabe va donc sans doute davantage être « militarisé » que pour sa mission polaire. Il conviendra notamment d'installer son armement, constitué de mitrailleuses, les plus lourdes étant de 12.7mm. Son équipage va également être renforcé, passant d’une vingtaine à une trentaine de militaires afin en particulier de pouvoir déployer des équipes de visite sur des navires contrôlés ou arraisonnés.

L'action de l'Etat en mer dans la ZEE des TAAF

Les dates de ses prochaines patrouilles « ne sont pas communiquées » par la Marine nationale afin de ménager l'effet de surprise, par exemple des bateaux qui peuvent se livrer à des actions de pêche illicite. Elles devraient néanmoins se dérouler dans le sud de l’océan Indien, vers les archipels de Crozet, Kerguelen et Saint-Paul-et-Amsterdam. L’action de l’Etat en mer dans la zone se concentre beaucoup autour de la pêcherie de légine, poisson convoité et très surveillé en raison de nombreuses tentatives de braconnage. Dans l’immense ZEE des TAAF, qui s’étend du tropique du Capricorne aux cinquantièmes, les moyens de l’action de l’Etat en mer ne sont pas pléthore. Outre l’Astrolabe qui interviendra désormais durant l’hiver austral, les missions régaliennes sont effectuées ponctuellement par les frégates de surveillance Floréal et Nivôse; basées à La Reunion. Tout comme le patrouilleur Le Malin, également armé par la Marine, qui se consacre aussi à la surveillance et est récemment intervenu à plusieurs reprises dans la zone des îles Eparses. Enfin, le palangrier Ile de la Réunion devrait prendre la suite de l’Osiris. Affrété par le GIE Protection Légine et Ressources Halieutiques, qui associe les armateurs disposant de quotas de pêche à la légine, son coût de fonctionnement est assuré à 85% par les TAAF et par les directions des Affaires Maritimes et des Pêches pour le reste.

Un deuxième arrêt à l'automne

Concernant L’Astrolabe, un deuxième arrêt technique est prévu avant son retour en Antarctique à l’automne. Il consistera en des « travaux et adaptations issus du retour d’expérience de la première mission Antarctique, notamment le renforcement des moyens de saisinage des équipements et l’amélioration de la protection des zones extérieures exposées aux vagues par mer forte et/ou au froid polaire », précise-t-on à l'état-major de la Marine nationale. Ce chantier sera supervisé par le Service de Soutien de la Flotte, en concertation avec les TAAF et l’IPEV.

 

TAAF Marine nationale