Marine Marchande
Latitude Blanche, premier armement français agréé pour la formation à la navigation polaire

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Latitude Blanche, premier armement français agréé pour la formation à la navigation polaire

Marine Marchande

Latitude Blanche, la société créée par Sophie Galvagnon et Yann Le Bellec et qui exploite le Polarfront, vient d’être agréée pour dispenser des certificats de bases STCW pour les navires exploités dans les eaux polaires.

Dans le cadre de son Académie des glaces, la compagnie propose des formations et du consulting sur des points spécifiques et techniques de la navigation dans les glaces et les navires exploités en eaux polaires. Ces expertises sont destinées aux armements, mais aussi aux équipes d'expédition et aux équipages projetant ou effectuant des navigations polaires. Elle peut ainsi intervenir en matière de navigation et manœuvre dans les glaces, analyse et gestion de la glace à différentes échelles, gestion et application des règlementations nationales et internationales ou encore de préparation de navires. Dans le domaine des brise-glaces et des navires d’expédition, l’expertise va de la conception au suivi de construction, de la navigation et au management. 

 

A bord de Polarfront dans l'archipel du Svalbard (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

A bord de Polarfront dans l'archipel du Svalbard (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Sophie Galvagnon, qui a longtemps navigué sur des brise-glaces suédois ainsi que dans les hautes latitudes du Svalbard, estime que « le partage des connaissances permet d’améliorer la sécurité en mer ». Avec Yann Le Bellec, ils ont donc rédigé un manuel de navigation polaire qu’ils ont choisi de mettre en téléchargement gratuit. Très complet et bien illustré, ce recueil couvre tous les aspects de cette navigation, de la typologie des glaces et icebergs, à la manoeuvre, la préparation du voyage ou encore les règlementations spécifiques.

Pour mémoire, la navigation dans les glaces est désormais régie par le code polaire entré en vigueur le 1er janvier 2017. Adopté en novembre 2014 par le comité de la sécurité maritime de l’OMI, la résolution MSC 365(94) a modifié plusieurs conventions internationales, et donc autant de règles applicables aux marins et aux navires, pour encadrer les conditions de navigation dans les hautes latitudes. Le code polaire s’applique pour toutes les eaux au sud de la latitude 60°S et toutes celles au nord de la latitude 60°N, avec quelques exceptions en Islande, Scandinavie Nord et Russie.

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Il traite des conditions particulières de la navigation dans ces endroits, désormais de plus en plus fréquentés, que ce soit par la croisière ou la flotte de commerce. La navigation dans ces eaux comporte en effet des risques spécifiques : la glace mais aussi les vents et températures qui provoquent des embruns givrants sur les superstructures des navires menaçant la stabilité, le gel qui peut attaquer les réseaux de plomberie ou nuire à l’utilisation des équipements. Elle comporte aussi de nombreux aléas en termes de communications, en raison notamment de la très mauvaise couverture satellite - ou de fonctionnement des instruments de navigation perturbés par la proximité des pôles magnétiques. Enfin, il y a l’éloignement. Les structures terrestres les plus proches sont souvent à plusieurs jours de mer et mal équipées en matière d’envoi de moyens d’assistance et de sauvetage ou pour gérer une pollution dans ces environnements très sensibles.

Le code polaire de l’OMI ne répond pas exhaustivement à toutes ces préoccupations. Mais il pose les bases d’un encadrement adapté. D’abord en termes de design et de construction, avec l’établissement d’une typologie des navires : la première catégorie (A) pour les normes des navires autorisés à naviguer dans de la glace d’un an, (B) pour ceux pouvant croiser de la glace d’un an très fine et (C) pour des conditions de glace moins sévère. Ces normes encadrent le choix des matériaux de construction, le calcul de charge sur les structures ainsi que les réserves de stabilité spécifiques aux conditions givrantes.

 

A bord de Polarfront au Svalbard (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

A bord de Polarfront au Svalbard (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Le Code Polaire prévoit aussi des amendements de la convention SOLAS sur la question des qualifications demandées aux navigants. Une nouvelle règlementation V/4 sur les standards minimum de formations et qualifications des commandants et officiers de pont naviguant en zone polaire est entrée en vigueur le 1er juillet 2018. La formation basique concerne les commandants, seconds et officiers de quart et est sanctionnée par un certificat (CoP). La formation avancée est réservée aux commandants et seconds. Elle est accessible après deux mois de navigation dans les glaces. Ces certificats seront renouvelables tous les 5 ans. Les exigences de certificat varient en fonction des zones de glace et du type de navire. La transition vers la certification de l’ensemble des navigants concernés durera jusqu’au 1er juillet 2020.

En France, des stages glaces, en théorie et au simulateur et débouchant sur le certificat de base et l'avancé sont également dispensés, depuis 2013, dans le cadre d'un partenariat entre l'ENSM de Marseille et la compagnie Ponant.