Marine Marchande
LD Lines étudie la possibilité de faire construire un catamaran géant

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LD Lines étudie la possibilité de faire construire un catamaran géant

Marine Marchande

Alors que le Norman Arrow est attendu à Boulogne dans moins de deux semaines, LD Lines étudie la possibilité de faire construire un catamaran encore plus gros. La viabilité et la pertinence de ce projet font l'objet de discussions avec le chantier Incat, en Tasmanie, qui a réalisé le Norman Arrow. « Nous étudions, avec Incat, la possibilité de construire un catamaran plus grand, avec une capacité de fret plus importante et un autre mode de propulsion, par exemple sur la base de turbines à gaz », explique Pierre Géhanne, directeur général de Louis Dreyfus Armateurs, maison mère de LD Lines. La compagnie songe, en fait, à profiter du contexte actuel, avec un prix du carburant très faible, pour utiliser au mieux les performances des navires rapides. Avec la flambée du pétrole, ces derniers étaient encore, il y a peu, de véritables gouffres financiers. Or, avec la chute du cours du brut, ce type de bateau retrouve son intérêt, et pas seulement dans le détroit du Pas-de-Calais.

Pourquoi pas au Havre...

LD Lines regarde, par exemple, l'opportunité de déployer une unité de ce type entre Le Havre et Portsmouth. Une liaison rapide à partir de la Normandie n'est d'ailleurs pas une nouveauté pour la compagnie, qui avait souhaité à une époque racheter l'ex-Superfast X (devenu Jean Nicoli puis SeaFrance Molière). Mais ce bateau de 200 mètres, capable de filer 27 noeuds (soit deux rotations par jour au lieu d'une), était trop grand pour les infrastructures portuaires havraises.
Dans tous les cas, la question des capacités reste cruciale, celles des ferries étant aujourd'hui bien supérieures à celles des actuels catamarans perce-vague. Long de 112 mètres, le Norman Arrow ne peut, ainsi, accueillir qu'une petite trentaine de camions. D'où l'idée de construire un bateau plus grand. Pour LD Lines, la capacité idéale serait de l'ordre de 50 pièces de fret.
Pour l'heure, rien n'est décidé, précise-t-on au sein de la compagnie, tant au niveau d'un éventuel catamaran géant que de la possibilité d'exploiter sur la liaison Boulogne-Douvres le sistership du Norman Arrow, en cours de construction chez Incat. « Nous allons d'abord voir comment cela fonctionne avec le Norman Arrow. Après, on verra s'il y a lieu d'en mettre plus », explique Pierre Géhanne.
Capable de filer 40 noeuds, le catamaran traversera le détroit en une heure et proposera quatre allers-retours par jour. Ce service rapide sera complété par deux rotations quotidiennes réalisées via un ferry classique.

Louis Dreyfus Armateurs