Marine Marchande
LDA va dépavillonner son dernier vraquier français

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LDA va dépavillonner son dernier vraquier français

Marine Marchande

Une page d'histoire va se tourner pour Louis Dreyfus Armateurs. Après le Jean LD début septembre, le Pierre LD, dernier grand vraquier battant pavillon français, va être ré-immatriculé à Malte. C’est en novembre que le changement de registre doit intervenir. Il correspond à la fin de la période de 8 ans sous pavillon français imposée par le dispositif de GIE fiscal dont les deux navires, mis en service en 2005, ont bénéficié.

Chez LDA, on assume parfaitement cette décision dans la mesure où le pavillon tricolore et les officiers français, plus coûteux par rapport aux grands registres internationaux comme Malte, ne présentent plus d’intérêt économique et opérationnel sur les vraquiers. Alors que le marché du vrac sec est extrêmement compétitif, ces navires de charge sont très simples, sans réelle technicité et ne nécessitent pas de savoir-faire spécifique. Il n’est donc pas possible d’y valoriser le degré de formation et le coût supérieur des marins français, dont la plus-value, pour ce marché, est inexistante. Tel n’est en revanche pas le cas sur les navires à haute technologie exploités sur des opérations complexes, à l’image du secteur sismique ou de la pose de câbles sous-marins. 

 

 

Le Pierre LD (

Le Pierre LD (© LDA)

 

 

Les Français valorisés sur les navires à forte valeur ajoutée

 

 

D’où l’évolution progressive de LDA concernant ses navigants français, qui seront tous, à partir du mois prochain, uniquement affectés aux navires de service de l’armement (sismiques, câbliers, rouliers exploités pour le compte d’Airbus). Des secteurs où le niveau de formation des officiers est un atout en matière de savoir-faire, de sécurité et aussi de coût. Après une dizaine d’années de retour d’expérience, les clients de LDA ont, en effet, pu constater que les navires exploités avec des officiers français présentaient un taux de disponibilité optimum. Le surcoût lié au pavillon tricolore et aux personnels est donc largement compensé par la fiabilité et l’efficacité du service offert.

 

 

Le navire sismique CGG Alizé (

Le navire sismique CGG Alizé (© STX EUROPE)

 

 

Actuellement, LDA arme 15 navires sous pavillon français : 3 rouliers affrétés à long terme par Airbus (Ville de Bordeaux, City of Hamburg, Ciudad de Cadiz), 7 câbliers ( Peter Faber, Lodbrog, Ile d'Aix, Ile de Batz, Ile de Bréhat, Ile de Ré, Ile de Sein) et 5 navires d'acquisition sismique (CGG Alizé, CGG Amadeus, CGG Symphony, Oceanic Challenger, Oceanic Phoenix). Geofield, société commune de LDA et CGG, créée pour gérer la flotte sismique du groupe de géophysique, devrait par ailleurs armer deux navires sismiques supplémentaires d'ici la fin de l'année.

 

 

Le câblier Ile de Bréhat (

Le câblier Ile de Bréhat (© MICHEL FLOCH)

 

 

Augmentation significative du nombre d’officiers

 

 

Alors que sa flotte sous pavillon français est restée stable, il faut noter que le développement de Louis Dreyfus Armateurs sur les activités à forte valeur ajoutée s’est traduit, ces dernières années, par une augmentation significative du nombre d’officiers français employés par le groupe. Sans compter les personnels travaillant sur les ferries exploités avec DFDS, le nombre de navigants français de LDA est, ainsi, passé de 150 en 2000 à près de 400 en 2012. Avec au passage une hausse sensible du nombre d’élèves officiers et de jours d’embarquement sur la même période (130 élèves pour 11.000 jours l’an dernier contre moins de 50 élèves et 5000 jours d’embarquement en 2000). Alors que la flotte de navires de charge battant pavillon tricolore va disparaitre (elle comptait une dizaine d’unités en 2000), celle des navires de service s’est accrue dans les mêmes proportions, avec une différence notoire : Il y a sur les navires de service bien plus d’officiers que sur les vraquiers.  

 

 

Le roulier Ciudad de Cadiz (

Le roulier Ciudad de Cadiz (© MICHEL FLOCH)

 

 

Louis Dreyfus Armateurs