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Le 7ème commando marine voit le jour

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Le 7ème commando marine voit le jour

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(Article publié le 12 septembre) Le commando Ponchardier a officiellement vu le jour le 11 septembre à Lanester, près de Lorient. En présence de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine nationale, ainsi que du capitaine de vaisseau François Rebour, commandant la force maritime des fusiliers marins et commandos (FORFUSCO), le ministre de la Défense  a remis le fanion de la nouvelle unité et les décorations héritées du groupement autonome Ponchardier, engagé en Indochine en 1945-1946. Jean-Yves Le Drian a ensuite remis la fourragère portée par les membres des forces spéciales maritimes françaises au pacha du nouveau commando, tout le personnel recevant ensuite sa fourragère. 

 

(© MARINE NATIONALE)

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Une unité d’appui aux forces de combat

Alors qu’il avait un temps été envisagé de la baptiser François, du nom du célèbre commando décimé en Indochine en 1951, la septième unité des commandos marine porte finalement le nom de l’amiral Pierre Ponchardier, fondateur des forces d’élite de la Marine nationale en 1945. Sa devise : « À la vie à la mort ». Sa mission : L’appui aux opérations spéciales dans les domaines aéromaritimes et terrestres, au profit des cinq commandos de combat de la Marine nationale : Trépel, Jaubert, de Monfort, de Penfentenyo basés à Lorient et Hubert implanté à Saint-Mandrier, en rade de Toulon. Le nouveau commando assurera ainsi le soutien technique des équipements employés par les unités combattantes (embarcations, véhicules tactiques, systèmes d'information et de communication, armement, munitions). Environ 160 hommes ont rejoint le commando Ponchardier. Il ne s’agit pas de nouvelles recrues mais de marins qui oeuvraient déjà au profit des forces spéciales de la marine, y compris en opérations. Ils n’avaient toutefois pas le statut de commando. Pour des soucis de cohérence et d’efficacité de la FORFUSCO mais aussi d’intégration au sein du Commandement des Opérations Spéciales (COS), qui planifie et conduit les opérations spéciales en s’appuyant sur les commandos des trois armées, il a donc été décidé de créer un septième commando spécialisé dans le soutien.

 

(© MARINE NATIONALE)

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Les effectifs des commandos marine passent à 650 hommes

Ponchardier s’ajoute donc aux six premiers commandos marine qui, explique l'état-major, « disposent de capacités communes : combat commando, renseignement, actions d’environnement et maîtrise de tous les modes d’infiltration terrestres, nautiques et aéronautiques - et chacun de capacités spécifiques ». Trépel et Jaubert comptent ainsi des groupes spécialisés dans le contre-terrorisme et la libération d’otages (CTLO) ; Montfort et de Penfentenyo mettent en œuvre des Équipes spéciales de neutralisation et d’observation (ESNO), alors qu’Hubert dispose de groupes spécialisés dans le contre-terrorisme, la libération d’otages et l’action sous-marine avec ses nageurs de combat. En plus des commandos historiques, un sixième, le commando Kieffer, a été créé en 2008. Il assure la capacité de commandement de groupement de forces spéciales et met en œuvre des cellules de soutien avec ses spécialistes de l’informatique, de la guerre électronique, des drones, de la cynophilie, du renseignement ou encore de l’intervention en milieux contaminés. Avec Ponchardier, les commandos marine sont désormais environ 650.

 

(© MARINE NATIONALE)

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Renforcement des moyens alloués aux forces spéciales

La création de cette nouvelle unité s’inscrit dans le cadre du renforcement des moyens alloués aux forces spéciales françaises (*), qui vont voir leurs effectifs passer de 3000 à 4000 hommes. Lors de son discours vendredi à Lanester, Jean-Yves Le Drian a rappelé que la mise en service du commando Ponchardier « intervient dans un contexte lourd de menaces directes pour la sécurité de la France et des Français – le terrorisme djihadiste est la première d’entre elles ». Et le ministre d’affirmer  que, dans cette perspective, « la force maritime  des fusiliers marins et commandos est plus que jamais au cœur de notre stratégie globale de défense. Elle est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme. Que ce soit à l’offensive pour les commandos marine ou dans la défensive pour les fusiliers marins qui assure la protection de sites stratégiques ».

 

Fusilier-marins (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Fusilier-marins (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Formation de 500 fusiliers-marins supplémentaires

Jean-Yves Le Drian en a d’ailleurs profité pour préciser que 500 fusiliers-marins supplémentaires allaient être formés à partir de 2016/2017 afin de renforcer les moyens alloués à la sécurité intérieure. Actuellement, la FORFUSCO compte environ 1500 fusiliers-marins, répartis en deux groupements (Brest et Toulon) et 7 compagnies (Cherbourg, France Sud, l’Ile-Longue, Lanvéoc, Lann-Bihoué, Rosnay, Sainte-Assise). S’y ajoute un élément cynotechnique fort de 250 chiens, répartis au sein des unités. Les trois principales missions des fusiliers-marins sont la protection des sites stratégiques et sensibles de la Marine nationale en métropole et outre-mer; la protection d’unités déployées à l’étranger ou en opération extérieure, en mer ou à terre, ainsi que la protection de navires civils d’intérêts stratégiques ou exposés à des menaces maritimes, comme la piraterie.

 

(*) Créé en 1992 suite à la Guerre du Golfe et placé sous la responsabilité du chef d’état-major des armées, le COS, dont l’état-major opérationnel est implanté sur la base aérienne de Villacoublay, près de Paris, s’appuie sur une douzaine d’unités. Celles de la Marine nationale, mais aussi l’armée de Terre avec le 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) de Bayonne, le 13ème Régiment de Dragons Parachutistes (RDP) installé à Martignas-sur-Jalle et un détachement de l’Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) dédié aux opérations spéciales et situé à Pau ; alors que l’armée de l’Air compte le commando parachutiste de l’air (CPA) n°10 et l’escadron de transport (ET) Poitou basés à Orléans-Bricy, ainsi que l’escadrille spéciale hélicoptère (ESH) de Cazaux. 

 

(© EMA)

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