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Le BAM de Navantia en lice pour équiper l’USCG

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Le BAM de Navantia en lice pour équiper l’USCG

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Si chez le Français DCNS ou encore chez le Norvégien Ulstein on fait grise mine suite à l'annonce des design retenus en finale du projet de futurs navires de l’US Coast Guard, c’est au contraire l’enthousiasme qui règne au sein de Navantia. Le groupe espagnol frappe en effet un nouveau grand coup en voyant son modèle de patrouilleur hauturier du type BAM faire partie des trois dossiers retenus par les garde-côtes américains. Certes, la commande n’est pas encore acquise, loin s’en faut, mais l’arrivée en finale du Buque de Accion Maritima est déjà un évènement. Quatre bâtiments de ce type, les Meteoro, Rayo, Relampago et Tornado, ont été livrés à la marine espagnole par Navantia entre 2011 et 2013. Depuis, ils naviguent beaucoup, notamment au sein de la force européenne Atalante de lutte contre la piraterie au large de la Corne d’Afrique, où ils se sont illustrés à plusieurs reprises.

Longs de 93.9 mètres pour une largeur de 14.2 mètres et un déplacement de 2620 tonnes en charge, les BAM, armés par un équipage de 35 hommes, peuvent accueillir 35 personnes de plus. Dotés de quatre moteurs diesels MTU pour une puissance de 10.4M, ils peuvent atteindre la vitesse de 21 nœuds. Leur armement comprend une tourelle de 76mm et deux canons de 25mm, complétés par des lance-leurres SRBOC Mk36. Dotés d’une plateforme et d’un hangar pour hélicoptère (AB 212, SH-3D, SH-60B…), ils peuvent mettre en œuvre deux embarcations commando.

 

 

Le BAM Meteoro avec un hélicoptère SH-60 (© : ARMADA ESPANOLA)

Le BAM Meteoro avec un hélicoptère SH-60 (© : ARMADA ESPANOLA)

 

 

25 cotres en jeu

 

 

Dans le cadre de la compétition pour le programme OPC (Ocean Patrol Cutter) de l’USCG, qui doit comprendre 25 unités pour un budget de 10 milliards de dollars, tous les chantiers en lice sont américains. La plupart s’était néanmoins alliés à des groupes navals européens au niveau du design. Ce fut le cas par exemple pour VT Halter Marine avec le Français DCNS, ou encore Vigor avec le Norvégien Ulstein. L’une des clés du succès de Navantia a probablement été, au-delà des qualités du design proposé, son alliance avec un poids lourd, en l’occurrence le chantier américain Bath Iron Works (BIW), une filiale du groupe General Dynamics, l’un des principaux fournisseurs du Pentagone.

Il reste maintenant à voir si BIW et Navantia peuvent l’emporter avec un modèle dérivé du BAM et adapté aux besoins de l'USCG. Ils sont opposés en finale à Bollinger Shipyard, allié à Gibbs & Cox et au groupe néerlandais Damen ; ainsi qu’à Eastern Shipbuilding Group. Chaque consortium s’est vu attribuer un contrat de 22 millions de dollars pour poursuivre les études de chaque projet et permettre aux garde-côtes américains de choisir le design définitif des futurs OPC en 2016.

 

 

Frégate espagnole du type F-100 (© : MICHEL FLOCH)

Frégate espagnole du type F-100 (© : MICHEL FLOCH)

 

 

L'industriel espagnol se développe à l'export

 

 

Quoiqu’il en soit, le groupe public espagnol fait désormais partie des grands acteurs mondiaux du secteur naval. Il a, en effet, enregistré une belle série de succès ces dernières années, en vendant notamment deux exemplaires de son bâtiment de projection du type BPE à l’Australie, la Turquie ayant également choisi ce design fin 2013 (et l'Inde serait approchée). Navantia a également placé trois destroyers lance-missiles du type F-100 à l’Australie et huit patrouilleurs hauturiers au Venezuela. Il concoure actuellement à de nombreux appels d’offres à travers le monde, avec dans certains cas de bonnes chances de succès. Le seul grand point noir à ce tableau espagnol est le programme des sous-marins du type S80, qui rencontre apparemment de gros problèmes et accumule les retards. Au point que le spectre d’un abandon pur et simple de la construction de la tête de série a été évoqué dans la presse ibérique il y a quelques mois. 

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