Histoire Navale
Le Bangladesh refuse l'entrée dans ses eaux de l'ex-paquebot France

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Le Bangladesh refuse l'entrée dans ses eaux de l'ex-paquebot France

Histoire Navale

Le gouvernement du Bengladesh a mis son veto à l’entrée du paquebot SS Norway dans ses eaux territoriales. La décision a été prise à l’issue d’une réunion d’urgence des ministères concernés. En marge de la polémique sur le ferraillage du porte-avions Clemenceau, un chantier de Chittagong, Giri Subedar Ship Breaking, avait annoncé mercredi dernier être sur le point de débourser 12 millions de dollars pour racheter le navire à la compagnie Star Cruises, et le découper au Bengladesh. Une fois de plus, c’est la présence d’amiante à bord (1200 à 2000 tonnes) qui a incité le pays à bloquer le contrat de vente. « Sur la base des informations que nous avons reçues, nous avons décidé d’interdire l’entrée du navire dans nos eaux territoriales », a précisé Tariq Islam, ministre de l’environnement du Bengladesh, craignant un danger pour les ouvriers. L’administration a reçu des consignes pour ne pas délivrer les documents nécessaires à la vente et les gardes-côtes ont l’ordre de veiller à ce qu’aucune tentative de passage en force ne se produise. Dans cette affaire, le poids médiatique de l’ex-France semble sa meilleure arme contre les chalumeaux, à moins que Star Cruises décide de le vendre aux ferrailleurs chinois, beaucoup moins sensible au lobbying anti-amiante. Ironiquement, l’Inde et le Bengladesh semblent découvrir les dangers des produits toxiques, alors que des centaines de navires regorgeant de cet isolant cancérigène sont démantelés chaque année sur les plages asiatiques. Pour ce qui est du Bengladesh, l'un des Etats les plus pauvres de la planète, les conditions de travail sont désastreuses (*).

Clemenceau : Une odyssée risquée

Pour l’ex-paquebot France, l’attente continue. En ce qui concerne le Clemenceau, la situation est différente. Après la décision de Jacques Chirac de rapatrier la coque en France, le Q 790 va devoir réaliser un périple de 15.000 kilomètres pour rallier Brest. Après la requalification du Clemenceau en « déchet toxique » par le Conseil d’Etat, il n’est en effet plus question de tenter un retour par le canal de Suez, dont les frais de passage ont par ailleurs atteint au voyage aller la bagatelle de 1,7 million de dollar. Le convoi devra donc passer par le cap de Bonne Espérance. Ce long voyage de trois mois n’est pas sans risque. Outre le fait que le secteur du Cap est réputé dangereux, avec des naufrages réguliers, notamment de navires remorqués, l’époque ne se prête guère à cette odyssée. L’Océan indien est en pleine saison des cyclones. Le dernier en date, Boloetse, a balayé Madagascar la semaine dernière, provoquant la destruction de 2500 habitations.
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(*) Nous vous proposons ce matin une série de clichés pris en 2001 à Chittagong, au Bengladesh (voir le diaporama)

Norway, l'ex-paquebot France