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Le Batral La Grandière a fait ses adieux à La Réunion

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Après le patrouilleur austral Albatros l'an dernier, c'est le bâtiment de transport léger La Grandière qui a fait ses adieux à La Réunion, où il a passé l’essentiel de sa carrière. Le Batral français a quitté la base de Port des Galets le jeudi 19 mai pour mettre le cap sur Brest, en vue de son retrait du service. 

 

Le Batral La Grandière (© MARINE NATIONALE)

 

Cinquième et dernière unité du type Champlain, ce bâtiment, construit au Grand Quevilly, est opérationnel au sein de la Marine nationale depuis janvier 1987. Long de 80 mètres pour une largeur de 13 mètres, il a été conçu pour les opérations logistiques et amphibies outre-mer. Doté d’une porte d’étrave et d’une rampe, il peut s’échouer sur une plage et y débarquer des troupes, du matériel et des véhicules, y compris des blindés. Construits pendant la guerre froide, les Batral devaient à l’époque pouvoir projeter une compagnie d'intervention Guépard de l'armée de Terre, soit 140 soldats et 12 véhicules. Le Grandière eut l'occasion d'engager cette capacité en 1992 lors de l'opération française Oryx en Somalie. 

 

Le Batral Dumont d'Urville (© MARINE NATIONALE)

 

Embarquant deux petits chalands du type LCVP et doté d’une grue d’une capacité de 10 tonnes, le La Grandière dispose pour son autodéfense de deux canons de 20mm. Le bâtiment, armé par un équipage d’une cinquantaine de marins, dispose d’une plateforme hélicoptère mais pas de hangar. La propulsion est assurée par deux moteurs diesels Wärtsilä avec une puissance totale de 2650 kW et une vitesse de 16 nœuds.

 

Le Batral La Grandière (© MARINE NATIONALE)

 

A La Réunion, alors qu'un nouveau bâtiment polaire va succéder à l'Albatros et au ravitailleur L'Astrolabe l'an prochain, le La Grandière sera remplacé début 2017 par le bâtiment multi-missions Champlain, en cours de construction au chantier Piriou de Concarneau. Tête de série du programme B2M, le D’Entrecasteaux a quitté Brest le 11 mai pour rallier sa base de Nouméa, où il arrivera fin juillet et est très attendu puisque la Nouvelle-Calédonie a perdu en 2013 le Batral Jacques Cartier. Le second B2M, baptisé Bougainville, rejoindra quant à lui Papeete en fin d’année, la Polynésie n’ayant plus de Batral depuis le départ en 2010 du Francis Garnier. Aujourd’hui basé aux Antilles, celui-ci va d’ailleurs être l’ultime survivant de la série, sa succession devant être assurée par le quatrième B2M, dont la commande est prévue d’ici la fin de l’année pour une livraison fin 2018/début 2019.

 

Le B2M D'Entrecasteaux (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pour son ultime voyage, qui devrait durer une cinquantaine de jours pour plus de 8800 milles à parcourir jusqu’en métropole, le La Grandière contournera l’Afrique par le cap de Bonne Espérance. Son arrivée à Brest est prévue début juillet. 

 

Départ de La Réunion le 19 mai (© PATRICK SORBY)

 

A La Réunion, le Batral effectuait de fréquentes tournées à Mayotte et dans les îles Eparses au profit des militaires et scientifiques. Il participait également à l'ensemble des missions de l'action de l'Etat en mer : surveillance, sauvetage ou encore police des pêches. Grâce à ses capacités logistiques et amphibies, le La Grandière était aussi très utile pour les opérations humanitaires. Il est en particulier intervenu en 1990 au Mozambique et à Madagascar en 2000. 

 

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