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Le Berlioz, dernier né de la compagnie SeaFrance

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Le Berlioz, dernier né de la compagnie SeaFrance

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Le Sea France Berlioz a rejoint en avril Calais après d'ultimes essais à Saint-Nazaire. Depuis, le navire effectue 5 rotations quotidiennes avec Douvres. Gros plan sur le dernier né des ferries français.
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« Quand on se promène dans les locaux passagers, on a plus l'impression d'être sur un paquebot que sur un ferry ». Hugues Duchier ne cache pas sa satisfaction. A 57 ans et à quelques mois de son départ en retraite, il prend le commandement du nouveau fleuron de SeaFrance. Ancien commandant du Nord Pas de Calais, l'officier apprécie la différence : « On sent que les gens qui ont construit ce bateau on une grande expérience des navires de croisière. Le niveau de finition est vraiment excellent ». Le Berlioz est le sister-ship du Rodin, livré en 2001 par le chantier Finlandais Aker Finnyards. Un navire massif de quelques 20.000 tonnes pouvant transporter jusqu'à 1900 passagers. A l'origine, Sea France souhaitait que le second ferry soit également construit en Finlande mais le manque de commandes dans l'estuaire de la Loire avait poussé le gouvernement à « demander » à la compagnie de faire construire son nouveau Ferry aux Chantiers de l'Atlantique. Une affaire mal vécue chez certains personnels de SeaFrance qui n'avaient pas apprécié qu'on leur force la main. Aujourd'hui, cette histoire est oubliée. Pendant deux ans, les équipes de la compagnie ont appris à connaître celles des chantiers et saluent le travail réalisé à Saint-Nazaire. C'est le cas de Michel Auclair, le commissaire de bord : « Ce bateau est magnifique. Il ressemble au Rodin mais les aménagements intérieurs ont bénéficiés d'une décoration très soignée qui donne une ambiance et un cachet différents ». Ainsi, au pont 8, le Relais Gourmet a été paré de couleurs vives : « C'est l'espace familial du bord. Il compte 350 places et une play zone pour les enfants. En dessous se situe le Bar Pub, où l'ambiance est jeune . C'est un endroit plus bruyant, plus populaire où on boit une bière entre deux parties de machines à sous ». La visite se poursuit à l'avant du ferry. Avec son mobilier de couleur sombre, ses sièges et banquettes jaunes et ses lampes coniques, le Bar Parisien arbore le style « art déco ». Un bar panoramique tourné vers la mer qui dispose d'une piste pour les croisières à thème de organisées par Sea France. Toujours au pont 8, se situe la Brasserie, un restaurant plus haut de gamme de 60 couverts à la décoration très chaleureuse. Les espaces sont donc variés et multiples avec un seul but : « Tout faire pour ne pas voir le temps passer pendant l'heure et quart que dure la traversée ». Dans l'ensemble, les aménagements sont sensiblement les même que sur le Rodin. Le retour d'expérience a toutefois permis de changer quelques dispositions, notamment au niveau des cuisines, afin de faciliter le travail de l'équipage qui compte, en été, jusqu'à 100 personnes.

Sécurité maximale.

Chacun le sait, la navigation dans le détroit du Pas-de-Calais n'est pas toujours de tout repos. L'importance du trafic et la nécessité de couper la route des navires entrant ou sortant de la mer du Nord impose une grande vigilance. Le Berlioz est donc équipé de radars anti-collision très performants, capables de simuler les trajectoires et les conditions de croisements avec les bateaux détectés. La mer étant souvent capricieuse dans ce secteur, la bonne tenue du chargement est vitale pour les navires à fonds plats que sont les ferries. Un réseau de caméras permet de s'assurer de la fermeture des portes étanches des ponts garage. Relié à la passerelle, ce système permet à l'officier de quart de surveiller en temps réel le comportement du chargement. Concernant les risques d'incendies, le bâtiment est divisé verticalement en trois tranches étanches. Un PC sécurité situé au centre du navire centralise tous les moyens de lutte contre le feu (systèmes de détection et d'extinction, fermeture des portes étanches...) Chaque tranche possède ses propres moyens d'évacuation afin de limiter au maximum la distance entre les ponts et les moyens de sauvetage. A cet effet, le Berlioz dispose d'une drome particulièrement importante : 4 embarcations pouvant accueillir chacune 150 personnes, 18 radeaux DSK 100 (capacité unitaire de 101 places), 2 radeaux DSK 50 (capacité unitaire de 51 places) soit un total de 2520 places pour évacuer un maximum de 2000 passagers et membres d'équipage. Les ponts d'évacuation sont reliés aux radeaux par quatre toboggans verticaux Viking dont le déploiement est automatique. Enfin, le Berlioz dispose d'une piste d'appontage pour hélicoptère.

Le transport du fret en plein essor.

La concurrence de l'avion, celle du tunnel sous la manche... Après la décision de P&O de supprimer ses liaisons aux départs du Havre et de Cherbourg, on aurait pu penser que le marché du transport trans-Manche était saturé. Et pourtant, selon Muriel Mirono, porte-parole de SeaFrance, l'acquisition du Berlioz est parfaitement justifiée : « Nous sommes spécialisés depuis toujours sur la liaison Calais Douvre, nous sommes des spécialistes de cette liaison où le trafic à continué à progresser ces dernières années ». Si la fréquentation des ferries par les passagers a connu en 2004 une légère baisse (-2,2%), SeaFrance a en revanche enregistré un véritable bon du trafic marchandise : « Le fret par voie maritime ne cesse de se développer. Nous avons connu une augmentation de 30% l'année dernière ».

Pour faire face à la demande, les architectes du Berlioz ont donc optimisé au maximum les capacités d'emport du navire. Ainsi, le garage comprend un double pont dont l'un est équipé d'un car-deck. Cette plate-forme élévatrice permet de subdiviser le pont en deux niveaux et de stocker une centaine de véhicules légers supplémentaires. Au total, le Berlioz peut embarquer jusqu'à 700 voitures ou 120 camions. Un espace spécifique est également réservé pour 6 véhicules transportant des matières dangereuses. Par rapport au Sea France Manet, la capacité des Rodin est donc augmentée de 45% pour les voitures et de 54% pour les camions.

Ces navires ont également été conçus pour gagner un maximum de temps dans la manutention. « La durée des escales est extrêmement importante. C'est un secteur très concurrentiel et les transporteurs exigent des délais très brefs pour le chargement et le déchargement », précise Muriel Mirono. Ainsi, il ne faut que 45 minutes au navire pour décharger l'ensemble de sa cargaison et refaire le plein de véhicules et de passagers. Une rapidité due en grande partie à l'absence de rampes internes et à des lignes de stationnement continues qui facilite les manSuvres.

Le Berlioz dispose également de puissantes machines (45 mW): « Nous avons dépassé 27 nSuds aux essais. La vitesse de croisière étant de 25 nSuds, cela nous permet d'avoir une réserve pour rattraper un éventuel retard », explique Hugues Duchier. Ainsi, en partant de Calais avec 10 minutes de retard, le Berlioz serait quand même à l'heure à Douvre. Le Ferry est également équipé de quatre propulseurs, dont trois à l'avant, pour faciliter ses mouvements au port. Il peut accoster sans l'aide de remorqueurs jusqu'à 50 nSuds de vent soit une mer de force 9. « Sa manoeuvrabilité est excellente », résume le commandant.

Avec 1500 salariés dont 1300 navigants, le premier employeur privé du Pas de Calais voit l'avenir avec sérénité. Selon Muriel Mirono: « Nous avons désormais un matériel performant et très bien adapté au marché. L'arrivée du SeaFrance Berlioz marque un investissement significatif, pour la compagnie, comme pour la région ». A quand un septième navire ?

My Ferry Link (ex-SeaFrance)