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Le bilan s'alourdit suite au naufrage du Costa Concordia

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Le bilan s'alourdit suite au naufrage du Costa Concordia

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Cinq corps sans vie ont été extraits hier de l'épave du Costa Concordia, qui gît toujours couché sur le rivage de l'île du Giglio, en Toscane. Cela porte à 11, dont 4 Français, le nombre de personnes décédées dans le naufrage du paquebot, qui s'est échoué vendredi soir après avoir heurté un récif, alors qu'il naviguait beaucoup trop près de l'île. Sur place, les recherches, difficiles, se poursuivent dans la carcasse du navire, très endommagé. Les sauveteurs ont ouvert de nouveaux accès hier à l'aide de petites charges explosives, de manière à accélérer l'investigation des locaux. Mais, plus de quatre jours après la catastrophe, l'espoir de retrouver des survivants est désormais très mince. En tout, 24 personnes manquent à l'appel. Au moment de l'accident, il y avait à bord 3216 passagers et 1013 membres d'équipage.

Expertise en cours pour savoir si l'épave peut être renflouée

Pendant ce temps, les équipes de la société néerlandaise SMIT continuent d'expertiser le navire, afin d'élaborer au plus vite un plan permettant de pomper les soutes à combustible. Les autorités italiennes craignent en effet que l'épave, qui ne semble pas bien stabilisée sur les rochers, glisse vers la fosse située à proximité et coule pour de bon, cette fois à une grosse centaine de mètres de profondeur. Si tel était le cas, une catastrophe écologique pourrait intervenir. La priorité est donc de voir comment pomper le fuel lourd et le gasoil, soit environ 2380 tonnes, contenues dans 21 compartiments. SMIT doit également déterminer s'il sera possible de renflouer l'épave, option qui serait la plus « confortable » pour remorquer le paquebot vers un chantier naval. Mais une telle opération s'annonce des plus complexes et il se pourrait bien que l'état de la structure ne permette pas un renflouement. Il faudrait, alors, songer à démanteler le navire sur place.

L'accident va coûter une fortune

Hier, certaines informations indiquaient que le Costa Concordia avait été déclaré perte totale par les assurances. Une option attendue car, bien que le navire date de 2006 et que son coût de construction soit d'environ 500 millions d'euros, il faudrait un miracle pour qu'il renavigue un jour. Pour Costa Croisières et sa maison-mère, le groupe américain Carnival Corporation, le coût du naufrage sera considérable. Car, en dehors des dommages couverts par les assurances, la fin du Concordia va engendrer une perte d'exploitation estimée par Carnival entre 85 et 95 millions de dollars. Le groupe devra d'ailleurs trouver une solution de remplacement du navire, peut être en transférant une unité de Carnival Cruise Line, qui exploite les mêmes bateaux que Costa, vers sa filiale italienne. Rien n'est décidé pour le moment. Par ailleurs, on ne sait toujours pas ce que va coûter le traitement de l'épave, mais la facture sera probablement très salée. Et puis, il y a les indemnisations que la compagnie va verser à ses clients, ainsi que les procès qui vont lui être intenté. Ainsi, deux passagers français ont annoncé hier, par la voix de leur avocat, qu'ils allaient déposer plainte contre la compagnie pour « non-assistance à personne en danger, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, homicide involontaire et non-respect des obligations de sécurité ».

L'action Carnival dévisse à la bourse de New York

Enfin, il conviendra de voir quelles seront les conséquences de ce dramatique accident sur l'évolution éventuelle de la règlementation et, également, d'un point de vue financier. Banques et assurances vont-elle continuer de financer et de couvrir de la même manière les grands paquebots ? La question se pose et, évidemment, les marchés financiers, qui n'aiment pas l'incertitude, l'ont fait savoir hier. A la fermeture de la bourse de New York, l'action Carnival avait, ainsi, chuté de 13.65%. Un dévissage attendu par le groupe américain, leader mondial de l'industrie de la croisière, qui a assuré être suffisamment solide pour assumer le coût financier de cette crise. On notera que l'évènement semble aussi impacter l'autre mastodonte américain de la croisière. Hier, le titre de Royal Caribbean Cruises, numéro 2 du secteur, perdait 6.19%.

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