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Le BPC français fait couler beaucoup d'encre en Russie

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Le BPC français fait couler beaucoup d'encre en Russie

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Apparemment, Moscou apprécie beaucoup les Bâtiment de Projection et de Commandement en service dans la marine française. Là-bas, on ne cesse d'ailleurs d'en parler. Et ce n'est sans doute pas un hasard. Plusieurs media russes, citant des sources locales « proches des négociations », ont de nouveau évoqué les pourparlers avec la France pour la construction de plusieurs navires de ce type. Une étude sur l'intérêt de lancer un tel projet serait en cours, les conclusions étant apparemment attendues fin septembre en vue d'un appel d'offres à la fin de l'année. Selon RIA Novosti, des membres de l'état-major de la marine russe auraient visité un BPC français à Toulon et, aux dires d'une source citée par Interfax, le concept développé par DCNS aurait la préférence de Moscou. Le produit français ne serait, toutefois, pas la seule option possible. D'autres industriels européens auraient approché la marine russe. On parle par exemple du Néerlandais Schelde, qui a réalisé le transport de chalands de débarquement Johan de Witt, ou encore de l'Espagnol Navantia avec un produit dérivé du porte-hélicoptère d'assaut (BPE) Juan Carlos I. Pourraient également concourir l'Italien Fincantieri et éventuellement l'Allemand TKMS, tous deux ayant développé des concepts de bâtiments de projection.

Une commande potentielle inespérée pour Saint-Nazaire

Côté français, une certaine discrétion règne autour de ce dossier. Après que le 26 août, le général Makarov, chef d'état-major de l'armée russe, ait révélé la volonté de Moscou d'acheter un BPC, le ministère de la Défense a simplement reconnu que les Russes s'intéressaient au navire. Mais, au moment où la France revient dans le commandement intégré de l'OTAN et que les tensions entre la Géorgie et l'Abkhazie réapparaissent, l'affaire prend une tournure éminemment politique. Pourtant, les chantiers français auraient bien besoin de ce contrat, qui tomberait à pic, s'il venait rapidement, pour garnir le carnet de commandes de Saint-Nazaire. Chargés de réaliser le 3ème BPC destiné à la Marine nationale, les ex-Chantiers de l'Atlantique se trouvent actuellement dans une situation très précaire. Il ne reste plus, en bord de Loire, que deux paquebots à livrer et ces deux unités en sont à des stades d'achèvement avancés. Quant au BPC 3, commande prévue après 2014 mais anticipée pour relancer la production chez STX France, ses effets sont très insuffisants. Rouverts en mai dernier avec ce contrat, l'atelier d'usinage s'arrêtera de nouveau en décembre. Puis, à défaut d'autres navires, ce sera au tour de la préfabrication, de l'assemblage... En clair, le chantier s'éteindra progressivement, avec des milliers d'emplois menacés à la clé. Le chantier travaille bien sur d'autres projets mais, si commande il y a, la construction ne pourra démarrer qu'après de longues phases d'études. C'est pourquoi seule la commande d'un nouveau BPC semble pouvoir, immédiatement, soutenir l'activité nazairienne déclinante. D'ailleurs, si ce n'est un bâtiment russe, l'Etat, actionnaire de STX France à hauteur de 33.34%, n'aura sans doute d'autre choix que de notifier, dès le début 2010, la construction du quatrième BPC français.

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