Défense
Le BPC Mistral, navire à tout faire

Reportage

Le BPC Mistral, navire à tout faire

Après quelques aléas de mise au point de son système de combat, le Mistral semble donner satisfaction à la marine. Livré le 26 février par DCN, le navire poursuit ses essais et l'équipage apprend à maîtriser un navire innovant à plus d'un titre.
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Avec un déplacement de 21500 tonnes à pleine charge, les Bâtiments de Projection et de Commandement sont, après le Charles de Gaulle, les plus gros navires de la Marine Nationale. Des bateaux à l’aspect massif dont le pont d’envol est d’un mètre plus élevé que celui du PAN et leur donne, avec leur îlot sur tribord, des allures de véritable porte-aéronefs. Le parc aérien du Mistral sera d’ailleurs conséquent, prévu pour 16 hélicoptères NH 90 (pour le transport de troupes et de matériels) et Tigres (pour l’appui des troupes au sol). Cet après-midi, en baie d’Hyères, le vent souffle en rafale, à plus de 40 nœuds. Sur le pont d’envol, il faut par moment lutter contre le vent pour marcher, une occasion rêvée pour tester les appareils : « Nous sommes très satisfaits de la manière dont se comportent les hélicoptères par vent fort. La stabilité de présentation est très prometteuse », affirme le Capitaine de vaisseau Frédéric Jubelin, commandant du Mistral. Les appareils seront abrités dans un vaste hangar de 1800 m2 desservi par deux ascenseurs. D’une capacité de 13 tonnes, ces élévateurs sont situés à l’arrière du bâtiment et derrière l’îlot. Le pont d’envol (5200 m2) permet la mise en œuvre simultanée de 6 hélicoptères, la structure du spot 1 (extrême avant) ayant été renforcée pour permettre l’appontage d’un engin de 30 tonnes comme le Super Stallion américain. En revanche, l’accueil d’appareils types ADAC/ADAV n’est pas possible, les matériaux du pont n’étant pas conçus pour résister à la chaleur des réacteurs. Les installations aéronautiques seront complétées par un radar d’approche DRBN 38A, un indicateur de pente et de descente (IPD) et une barre de repère horizontale (BRH). Le Mistral n’est, toutefois, pas qu’un porte-hélicoptères. C’est également un navire amphibie et un poste de commandement interarmées et interallié. Pour la première fois, un seul bâtiment réuni toutes ces capacités : « C’est tout à la fois. Une véritable base aéromobile dotée d’un hôpital flottant, l’illustration parfaite de l’action de la mer vers la terre, avec la capacité d’abriter des troupes, des hélicoptères et des véhicules », souligne le vice-amiral d’escadre Philippe Sautter, commandant de la Force d’Action Navale.

Installations amphibies

A l’instar des Tarawa et Wasp de l’US Navy, les BPC français sont équipé d’un radier de 57,5 mètres de long, 15,4 mètres de large et 8,2 mètres de haut, conçu pour accueillir des engins sur coussins d’air, comme le Landing Craft Air Cushion (LCAC) de l’US Navy. Cet espace est doté d’un important dispositif d’aération destiné à évacuer la chaleur générée par les turbines des aéroglisseurs. En septembre, le sistership du Mistral, le Tonnerre, se rendra aux Etats-Unis pour embarquer des LCAC et donc homologuer son radier pour tous les types d’engins de débarquement utilisés par l’OTAN. Ces exercices seront également l’occasion de valider le sport 1 avec l’appontage d’un Super Stallion. Ces capacités montrent à quel point la marine souhaite renforcer son interopérabilité avec les flottes alliées. Trop cher et délicat à entretenir, le LCAC ne devrait, en effet, pas faire son arrivée en France avant longtemps. L’achat d’un tel matériel (deux par navire) n’étant pas encore prévu, la batellerie du Mistral sera des plus classiques, avec 4 CTM (chalands de transport de matériel). Le radier communique directement avec le hangar à véhicules, un local de 2650 m2 s’étirant sur deux pont et qui peut stocker 70 engins, y compris un bataillon de 13 chars Leclerc. Des ateliers adjacents permettent l’entretien des blindés et camions dont l’embarquement s’effectue par une porte rampe latérale et une porte rampe radier. Le hangar à véhicules est desservi par l’un des ascenseurs, alors qu’une grue de 17 tonnes à 11 mètres, située derrière l’îlot, facilite l’embarquement de matériels : « Les flux doivent être les plus rapides possibles. C’est pourquoi on trouve des ponts roulants, des salles de préparation pyrotechniques et même des locaux techniques où l’ont peut démonter des rotors... Tout a été pensé pour faciliter les mouvements et l’entretien des matériels », explique l’Enseigne de vaisseau Thierry Delorme. « Par rapport aux transports de chalands de débarquement, la place de l’hélicoptère est beaucoup plus importante. C’est le concept d’aéromobilité. L’hélicoptère rend beaucoup plus souple l’action amphibie et le ravitaillement des troupes. Il est en effet plus facile d’acheminer des palettes de munitions par les airs que par chaland ».

Capable de commander une flotte amphibie et plusieurs porte-avions.

Comme leur nom l’indique, les BPC

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