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Le Brésil achète à BAE Systems les ex-patrouilleurs de Trinidad et Tobago

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Le Brésil achète à BAE Systems les ex-patrouilleurs de Trinidad et Tobago

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C'est finalement la marine brésilienne qui va acquérir les trois ex-patrouilleurs hauturiers du type Vega. Trinidad et Tobago, qui avait initialement commandé ces bâtiments, y a renoncé en septembre dernier, laissant les trois patrouilleurs sur les bras de son constructeur, BAE Systems. Depuis, le groupe britannique cherchait un nouvel acquéreur à ces bateaux. Longs de 90.5 mètres pour un déplacement de 2000 tonnes en charge, les patrouilleurs peuvent atteindre 25.8 noeuds et franchir 5500 nautiques à 12 noeuds. Armés par un équipage de 70 hommes, ils peuvent transporter 50 passagers. Leur armement comprend un canon de 30mm, deux canons de 20mm et 2 mitrailleuses de 12.7mm. Ils disposent d'une plateforme pour hélicoptère mais pas de hangar ; ainsi que d'embarcations rapides. Construite par BAE System à Portsmouth, la tête de série, le Port of Spain, a achevé ses essais à l'été 2010, de même que le second bâtiment, baptisé Scarborough. Ces deux navires, qui seront renommés, rejoindront cette année la marine brésilienne. Quant au troisième, il sera livré début 2013. Selon BAE Systems, les ex-patrouilleurs de Trinidad et Tobago ont été vendus au Brésil pour 133 millions de livres (159 millions d'euros).

Patrouilleur du type Vega  (© : BAE SYSTEMS)
Patrouilleur du type Vega (© : BAE SYSTEMS)

Les Britanniques visent le programme PROSUPER

Avec ce contrat, les industriels britanniques marquent des points sur le marché brésilien. BAE Systems s'adjuge même le premier volet du programme de renouvellement de la flotte brésilienne, un plan baptisé PROSUPER. Celui-ci porte sur 11 nouveaux bâtiments pour une valeur de plus de 3 milliards d'euros, soit 5 frégates d'environ 6000 tonnes, 5 patrouilleurs hauturiers de 1800 tonnes et un bâtiment de ravitaillement. En vendant les anciennes unités de Trinidad et Tobago, les Britanniques s'arrogent donc les patrouilleurs. En effet, en plus des trois unités déjà réalisées, le contrat signé comporte la réalisation dans un chantier brésilien, en transfert de technologie, de nouvelles unités.
Forts de ce succès, les Britanniques ne comptent bien évidemment pas en rester là. Londres a notamment des cartes à jouer dans le domaine des frégates. Ainsi, peuvent être rapidement transférées les quatre frégates du type 22 batch III, désarmées prématurément au sein de la Royal Navy. Ces bâtiments, qui disposent encore d'un bon potentiel puisqu'ils ont été livrés entre 1988 et 1990, sont une version améliorée des trois ex-frégates britanniques du type 22 batch I, déjà cédées à la marine brésilienne entre 1995 et 1997. Un achat d'occasion permettrait donc au Brésil d'uniformiser sa flotte. BAE System est, en revanche, moins bien placé que d'autres industriels, comme les Français avec leur FREMM, pour vendre des frégates neuves (le seul projet britannique en cours est le type 26, qui ne verra pas le jour avant la fin de la décennie). En matière de ravitailleurs cependant, la Royal Navy, en raison des restrictions budgétaires, dispose là aussi de belles occasions, comme le RFA Fort George, qui a semble-t-il été proposé au Brésil.

Frégates britanniques du type 22 Batch III  (© : ROYAL NAVY)
Frégates britanniques du type 22 Batch III (© : ROYAL NAVY)

Le RFA Fort George  (© : ROYAL NAVY)
Le RFA Fort George (© : ROYAL NAVY)

Le HMS Queen Elizabeth  (© : ROYAL NAVY)
Le HMS Queen Elizabeth (© : ROYAL NAVY)

Enfin, il ne serait pas étonnant que la Grande-Bretagne cherche à se rapprocher de Brasilia dans le domaine des porte-avions. Le futur HMS Queen Elizabeth, prévu pour entrer en service en 2016, doit en effet être vendu, seul son sistership, le HMS Prince of Wales, livrable en 2018, devant être conservé par la Royal Navy. Or, les Brésiliens ont annoncé leur souhait de se doter de deux nouveaux porte-avions. La reprise du Queen Elizabeth n'est donc pas impossible, qu'il soit acheté dans sa configuration actuelle (avec tremplin pour des avions à décollage court de type F-35 B, mais aussi en cas d'ajout de piste oblique MiG-49K ou même la version navalisée du Gripen de Saab) ou modifié comme le Prince of Wales pour disposer de catapultes et mettre en oeuvre des F-35C, F/A-18 Super Hornet ou Rafale. Il suffirait, ensuite, de faire construire un second bâtiment.

La FREMM Aquitaine  (© : DCNS)
La FREMM Aquitaine (© : DCNS)

Patrouilleur du type Gowind  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Patrouilleur du type Gowind (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Une concurrence très vive

Le programme PROSUPER fait, en tous cas, l'objet d'une très vive concurrence internationale. Outre les Britanniques, qui viennent donc de remporter une première bataille, les Français sont également très actifs. Ayant décroché en 2009 le programme PROSUB pour le renouvellement de la flotte sous-marine brésilienne (construction de 4 Scorpène, assistance technique sur le premier sous-marin nucléaire brésilien et sur la réalisation d'une nouvelle base et d'un chantier naval), DCNS propose également ses nouveaux produits dans le domaine des bâtiments de surface : la gamme Gowind a été présentée pour les patrouilleurs et la FREMM pour les frégates, sans compter Brave, le nouveau concept tricolore de bâtiment logistique. DCNS dispose aussi d'une solution en matière de porte-avions, avec le design étudié dans le cadre du projet PA2. En dehors des Français et des Britanniques, quatre autres pays sont en lice. Les Italiens et les Espagnols se sont montrés très actifs commercialement ces derniers mois, les marchés liés à PROSUPER étant également convoités par les Allemands et les Sud-coréens.

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