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Le Brésil relancerait son projet de sous-marin nucléaire

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Le Brésil relancerait son projet de sous-marin nucléaire

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Lors de sa récente prise de fonction, le nouveau patron de la flotte brésilienne a évoqué le projet de sous-marin nucléaire d'attaque. Dans ses propos, rapportés par la presse locale et dont se fait écho le site Corlobe (*), Júlio Soares Moura Neto confirme la relance du programme. Le coût du submersible est estimé à 2 milliards de dollars. Cela fait près de 30 ans que le Brésil projette un tel bâtiment, dont seuls les Etats-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne et la Chine disposent pour le moment. En 1988, une usine d'enrichissement d'uranium et de production de combustible avait été édifiée à Ipero, alors que les études portant sur le réacteur ont été confiées à l'Institut de Recherches de Sao Paulo. D'un gabarit équivalent aux Rubis français, les plus petits sous-marins nucléaires en service, le Riachuelo déplacerait 2700 tonnes en plongée. Disposant d'un réacteur de 50 MW, il pourrait atteindre la vitesse de 25 noeuds et plonger à environ 300 mètres. S'il parvient à terme, le programme pourrait voir l'entrée en service du premier bâtiment à l'horizon 2020.
Une participation de l'Argentine à ce projet est, par ailleurs, parfois été évoquée. Les relations maritimes existent déjà entre les deux pays, notamment au travers du projet d'aviation embarquée commune. Les Argentins, qui disposent de 11 Super Etendard français mais plus de porte-avions depuis le désarmement du 25 de Mayo, pourraient opérer leurs avions à partir du Sao Paulo, ex-Foch, acheté en 2000 à la France par le Brésil.

Une aide européenne ?

Le projet de sous-marin nucléaire d'attaque suscite la discorde, depuis plusieurs années, à la fois au sein des gouvernements successifs mais aussi de l'état major de la marine brésilienne. Certains préfèreraient, en effet, que les sommes investies dans le nucléaire soient affectées à l'acquisition de sous-marins conventionnels à hautes performances. Les déclarations du nouveau patron de la flotte semblent signifier que la poursuite du projet de SNA a désormais le vent en poupe. L'achat de submersibles classiques ne serait toutefois pas exclue mais, selon la presse brésilienne, le président Lula souhaiterait que l'industrie européenne ou russe, si elle remporte un contrat sur des bâtiments conventionnels, accepte d'apporter une aide technologique sur la construction du futur SNA. Bien qu'ayant conçu les cinq submersibles du type 209/1400, en service dans la marine brésilienne, TKMS serait, dans ce cas, hors jeu, n'ayant pas de compétence en matière de bâtiments à propulsion nucléaire. En dehors des Américains, seuls les Russes et les Français maîtrisent cette technologie. Sa vente à l'export, ne serait-ce que partielle, représente toutefois un problème politique et stratégique complexe. A ce jour, seule la Russie a accepté d'apporter son aide à l'Inde, qui a mis sur cale un SNA en 2002. En France, un seul projet de vente de SNA est connu à ce jour. Il s'agissait alors de construire une douzaine de Rubis pour la marine canadienne. Ce projet, élaboré dans les années 80, tombera à l'eau avec la fin de la guerre froide.
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