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Le Canada choisit le modèle T26 pour ses futures frégates

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Le Canada choisit le modèle T26 pour ses futures frégates

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Sans surprise, c’est une adaptation du design des nouvelles frégates britanniques du type 26 qui a été choisi comme compétiteur « préféré » par le gouvernement canadien et le chantier Irving, qui sera chargé de réaliser les futurs bâtiments de combat de la marine royale. Porté par Lockheed Martin Canada, cette offre incluant le design T26 développé par BAE Systems et déjà adopté par la Royal Navy (8 unités) et la marine australienne (9), a devancé deux autres propositions : celle d’Alion Canada et Damen (sur la base des LCF de la marine néerlandaise), arrivée seconde, et celle basée sur une nouvelle évolution du design F-100 du groupe espagnol Navantia, qui termine troisième.

Lockheed Martin Canada et ses partenaires (BAE, CAE, MDA, L3 Technologies et Ultra Electronics) entrent maintenant en négociations exclusives avec Irving et les autorités canadiennes, en particulier sur des questions liées au système de combat, aux aspects financiers du projet ainsi qu’à l’épineux sujet de la propriété intellectuelle de ces bateaux.

 

 

Dans le cas, qui parait peu probable, où les discussions capoteraient, Irving et le gouvernement canadien se tourneraient alors vers la proposition arrivée en seconde position, puis à défaut la troisième. Si c'est encore un échec, le processus serait annulé et devrait être relancé. Mais si tout se passe comme prévu avec l’équipe emmenée par Lockheed Martin Canada, un accord devrait être trouvé d’ici la fin de l’année, aboutissant à la notification du programme Canadian Surface Combatant (CSC).

Il s’agit pour mémoire de réaliser 15 nouveaux bâtiments destinés à remplacer les 3 destroyers du type Tribal (déjà désarmés) et les 12 frégates du type City mises en service entre 1992 et 1996. La construction de la tête de série du programme CSC doit débuter à partir de 2020.

Ce projet, retardé à plusieurs reprises, a fait l’objet d’un processus de sélection très complexe marqué notamment par un retrait de Naval Group et Fincantieri. Les industriels français et italiens, qui soupçonnaient un certain favoritisme au profit de la T26, avaient notamment refusé, comme l’imposait la procédure, de céder leur propriété intellectuelle avant la sélection du vainqueur. Leurs demandes auprès des autorités canadiennes étant restées lettre morte, ils avaient alors tenté de faire une contre-offre commune en dehors du processus mis en place. Une solution écartée par Ottawa malgré un coût avancé par Naval Group et Fincantieri bien inférieur à ce qui est envisagé par le Canada. 

 

La version franco-italienne de la FREMM qui avait été proposée en contre-offre au Canada (© : NAVAL GROUP/FINCANTIERI)

La version franco-italienne de la FREMM qui avait été proposée en contre-offre au Canada (© : NAVAL GROUP/FINCANTIERI)

 

Concernant ce coût du programme CSC, il demeure aujourd’hui très incertain. Initialement, une enveloppe de 26 milliards de dollars canadiens, soit quasiment 18 milliards d’euros, était prévue. Mais la facture n’a cessé d’augmenter au fil des années, passant dans un premier temps à 40 milliards avant qu’une dernière estimation, en juin 2017, fasse exploser les compteurs pour atteindre 62 milliards de dollars, soit 40 milliards d’euros. Une facture énorme quand on sait que les FREMM françaises et italiennes coûtent moins d'un milliard d'euros pièce. 

 

Marine et garde-côtière canadiennes BAE SYSTEMS