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Le Canada retire du service son ultime destroyer du type Tribal

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Le Canada retire du service son ultime destroyer du type Tribal

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C’est la fin d’une époque pour la marine canadienne, qui vient de mettre en retraite son dernier destroyer lance-missiles du type Tribal. Après 44 ans de service, l’Athabaskan a officiellement tiré sa révérence le 10 mars à l’issue d’une cérémonie dans la base navale d’Halifax.

L’Athabaskan et ses trois sisterships, le Huron (désarmé en 2005) ainsi que les Iroquois et Algonquin, qui ont quitté la flotte royale en 2015, avaient été mis en service en 1972 et 1973 pour le dernier.

 

L'Athabaskan  (© MARINE CANADIENNE)

L'Athabaskan  (© MARINE CANADIENNE)

 

Longs de 129.8 mètres pour une largeur de 15.2 mètres et un déplacement de 5300 tonnes en charge, ces bâtiments avaient été initialement conçus pour la lutte anti-sous-marine, avec sonar de coque et antenne remorquée, torpilles Mk42, mortier Limbo et un hangar permettant d’abriter deux hélicoptères Sea King. Puis, alors que le Huron avait expérimenté dès 1981 la version à lancement vertical du Sea Sparrow, les Tribal ont été convertis en plateforme de défense aérienne au début des années 90. La tourelle de 127mm d’origine a alors été débarquée, sa soute étant remplacée par 32 cellules pour missiles surface-air SM-2 MR, un canon de 76mm étant intégré devant la passerelle. Les capacités de détection ont dans le même temps été modernisées et un système multitubes Phalanx a fait son apparition sur le toit du hangar. La marine canadienne a en revanche renoncé à installer des missiles antinavire Harpoon, qui devaient remplacer le Limbo, débarqué par la suite.

D’abord avec les anciennes frégates des types St Laurent, Restigouche, Mackenzie et Annapolis, datant des années 50/60 puis aux côtés de leurs remplaçantes, les 12 unités du type City mises en service entre 1992 et 1996, les Tribal ont constitué pendant quatre décennies le socle de la flotte de surface canadienne. On les a vus sur toutes les mers du globe, assurant en plus de la protection des eaux canadiennes de nombreux déploiements à l’étranger, en particulier dans le cadre de l’OTAN ou d’interventions internationales. Ce fut le cas lors de la première guerre d'Irak suite à l'invasion du Koweït, des opérations menées suite aux attentats du 11 septembre ou encore de missions humanitaires après le passage de l'ouragan Katrina et le tremblement de terre en Haïti. 

Les Tribal, comme les City, doivent voir leur succession assurée par un seul et même programme, connu sous le nom de Canadian Surface Combatant (CSC). 15 nouvelles frégates, dont certaines dotées de capacités de défense aériennes renforcées, doivent être réalisées au cours de la prochaine décennie.

 

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