Marine Marchande
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Le cargo Lita immobilisé à Lorient

Marine Marchande

La vie n'est pas un long fleuve tranquille pour le cargo Lita, depuis son arrivée, le samedi 17 février, à 6 h, au port de commerce de Lorient. Alors qu'il devait repartir ce mercredi, le vraquier libérien est toujours immobilisé à Kergroise, en raison de déficiences techniques.

Treize déficiences techniques

Lundi, le navire a subi une inspection du Centre de sécurité des navires (CSN), qui dépend des Affaires maritimes. « Nous avons constaté treize déficiences d'ordre technique, dont deux qui ont justifié la détention à Lorient. Nous n'avons pas d'éléments sur les travaux en cours mais une contre-visite sera réalisée une fois les travaux menés pour les deux déficiences qui justifient la détention et pour deux autres qui sont obligatoirement à lever avant la reprise en main », détaille le service. Outre les soucis techniques, le social s'invite aussi à bord. Profitant de l'escale lorientaise, l'association Mor-Glaz et le syndicat international des transports (ITF) tirent la sonnette d'alarme sur « les conditions de vie des marins à bord (huit Philippins et sept Ukrainiens, dont le commandant) ». Ont-ils été payés ? « Oui », assure l'armement allemand Blumenthal, loin de convaincre Laure Tallonneau, de l'ITF : « Pour en être sûr, il faut consulter les relevés bancaires des marins. Les preuves sont à bord ! », tempête l'inspectrice locale, empêchée de monter sur le Lita, malgré une réglementation internationale en sa faveur.

« Des marins sous pression »

« Les marins sont sous pression », déplore la syndicaliste, qui a porté plainte auprès des Affaires maritimes. Même constat au Seamen's club de Lorient, où Emmanuelle Trocadéro, la directrice de Marin'Accueil, côtoie les marins : « Les gars parlent peu. Ils n'ont pas un sou ! Même pas 5 € pour se payer un cordon de téléphone, même pas 1 € pour se payer la connexion internet... On leur a donné l'accès, évidemment. Ils paient leur eau potable. Plus grave, on a dû leur faire des pharmacies d'urgence. Ils ne peuvent pas avoir ce qu'ils veulent », confie la responsable, « furieuse » face à un tel constat. Son arme : « Alerter le sous-préfet ». En attendant, le Lita (148 m) continuait, ce mercredi, à décharger sa cargaison de 12.600 tonnes de tourteaux de tournesol. Interrompue par les dockers, mardi après-midi, par solidarité avec l'équipage et l'inspectrice de l'ITF, l'opération devrait se terminer ce jeudi.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

Port de Lorient