Marine Marchande
Le cargo nucléaire Sevmorput arrivé à Saint-Petersbourg

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Le cargo nucléaire Sevmorput arrivé à Saint-Petersbourg

Marine Marchande

Son transit le long des côtes européennes a été très suivi. Le cargo nucléaire russe Sevmorput est arrivé à son port-base de Saint-Petersbourg le 30 décembre après trois semaines de navigation avec une hélice sévèrement endommagée. Pour mémoire, le navire avait quitté Saint-Petersbourg à l'automne avec 5000 tonnes de matériel destiné la station Vostock en Antarctique. Il avait stoppé sa route devant les côtes angolaises suite à la constation de l'avarie d'hélice, cette dernière ayant apparemment perdu deux pales. Des tentatives de réparation par des plongeurs ont échoué. Pouvant difficilement rejoindre un port local en raison de sa propulsion nucléaire, le Sevmorput a donc fini par rebrousser chemin début décembre. Lors de sa remontée vers l'Europe, son capitaine a dû être évacué vers Las Palmas pour suspicion de méningite. Quand il a atteint les côtes françaises, le navire a été successivement escorté, depuis les approches bretonnes jusqu'au détroit du Pas-de-Calais, par les trois remorqueurs de haute mer des Abeilles affrétés par la Marine nationale et basés à Brest, Cherbourg et Boulogne. 

L'association Robin des Bois, qui avait signalé et suivi de près le Sevmorput, s'interroge sur le précédent crée par cet incident. « La convention Marpol pour la prévention de la pollution marine par les navires est très prescriptive en ce qui concerne les rejets d’hydrocarbures et de soufre mais n’a jamais fixé de seuils limites des rejets radioactifs par les navires de commerce à propulsion nucléaire en fonctionnement normal ou en situation dégradée. L’AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) et la Convention OSPAR pour la protection de l’Atlantique du Nord-Est observent la même discrétion à ce sujet. Aucun texte international n’est en vigueur ou même en projet sur la désignation d’abris refuge pour les navires ou sous-marins à propulsion nucléaire en cas de nécessité impérieuse. Alors que la Russie vient de mettre en exploitation une centrale nucléaire flottante en Arctique et que d’autres pays comme la France font officiellement ou en sourdine la promotion de la propulsion nucléaire navale à usage militaire ou civil, ces vides juridiques et techniques doivent être comblés au plus vite».

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