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Le CEPPOL sur la trace des pollueurs

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Le CEPPOL sur la trace des pollueurs

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En France, la protection de la mer et du littoral contre les pollutions impliquent de nombreux acteurs, comme les Affaires maritimes, la Douane, la Gendarmerie maritime et, bien entendu, la Marine nationale. Celle-ci, chargée de la lutte antipollution en mer, compte de nombreux moyens d'intervention, mais dispose aussi d'une expertise au travers du Centre d'Expertises Pratiques de Lutte Antipollution. Basé à Brest, le CEPPOL a pour mission d'assurer la préparation à la lutte et l'expertise sur les stratégies de lutte lors des opérations en mer. Après avoir embarqué sur la vedette Penfeld, de la Gendarmerie maritime, François Didierjean nous popose aujourd'hui de découvrir le CEPPOL.

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

Jean-Bernard Cerutti, capitaine de vaisseau et directeur de cet organisme de la Marine nationale, me reçoit dans ses bureaux implantés dans la base navale brestoise. Entre deux commentaires sur son matériel, qui va du barrage à flotteurs rigides ou gonflables à la rampe d'épandage de dispersant, il m'explique les domaines de responsabilité du CEPPOL. Créé en janvier 1979 suite à la catastrophe de l'Amoco Cadiz, son expertise reconnue lui fait tenir un rôle contre tous les types de pollutions (sauf celles d'origine radioactives) qui dépasse largement le secteur géographique du littoral métropolitain. Chargé du domaine de la lutte antipollution au sein de la Marine, il dépend de l'autorité de domaine particulier qui est CECLANT (commandement de la zone Atlantique) et de l'Etat-major, pour lequel il assure aussi une veille technologique et juridique.

 barrage à flotteurs gonflables (© : MARINE NATIONALE)
barrage à flotteurs gonflables (© : MARINE NATIONALE)

Des prérogatives récemment étendues

Après le sauvetage du chimiquier Sichem Osprey, échoué début 2010 sur l'île française de Clipperton, dans l'océan Pacifique, le CEPPOL s'est vu confier des responsabilités supplémentaires : l'assistance des navires en difficulté et la formation des équipes d'évaluation. Le suivi des huit navires affrétés à l'année par la Marine soit quatre bâtiments de soutien, d'assistance et de dépollution (Argonaute, Alcyon, Ailette, Jason) et quatre remorqueurs (Abeille Bourbon, Abeille Liberté, Abeille Flandre et Abeille Languedoc) est aussi de son ressort.

 Le BSAD Alcyon  (© : MARINE NATIONALE)
Le BSAD Alcyon (© : MARINE NATIONALE)

En amont de la pollution

La préparation à «la lutte contre la pollution» implique de disposer de produits, matériels et équipements adaptés à l'ensemble des bâtiments et aéronefs de la Marine Nationale. Ils sont pré-positionnés dans les ports de métropole et d'outre-mer. La cellule technique du CEPPOL établit les conditions d'utilisation, de maintenance et d'entretien avec les méthodes et guides techniques afférents. Elle organise des entraînements à la mer qui complètent l'instruction des personnels d'intervention de chaque base navale.

 Récupérateur d'hydrocarbures  (© : MARINE NATIONALE)
Récupérateur d'hydrocarbures (© : MARINE NATIONALE)

Stratège de la lutte contre la pollution

Au sein de la cellule de crise constituée, il a pour vocation d'assister comme expert les autorités maritimes en charge de la conduite des opérations et à embarquer sur les bâtiments de lutte sur zone comme coordinateur des opérations. Le choix d'une stratégie de lutte n'est jamais définitif et évolue au cours de l'intervention (conditions météorologiques, état du navire sinistré, localisation géographique) avec comme priorité le minimum d'effets négatifs sur l'environnement. Les principales techniques opérationnelles sont l'allègement (transfert de cargaison entre deux navires), la récupération par écrémage ou chalutage, le confinement avec des barrages flottants et la dispersion chimique limitée uniquement au traitement des pollutions par hydrocarbures.

 Echouement du Sichem Osprey à Clipperton   (© : MARINE NATIONALE)
Echouement du Sichem Osprey à Clipperton (© : MARINE NATIONALE)

 Allègement du Sichem Osprey en mars 2010   (© : MARINE NATIONALE)
Allègement du Sichem Osprey en mars 2010 (© : MARINE NATIONALE)

Retour d'expérience

Un retour d'expérience est réalisé sur les circonstances du sinistre et les modes d'intervention utilisés ou après un exercice. La France a tiré beaucoup d'enseignements des différentes marées noires qui ont touché son littoral : le savoir faire s'est affiné, le matériel a évolué et la nécessité de mettre en place des accords internationaux s'est confirmée (Manche Plan avec les Britanniques, Biscaye et Lion Plans avec les Espagnols, Ramogepol avec l'Italie et Monaco).

Une équipe compacte mais extensible...

Huit permanents, cinq réservistes sont mobilisables à tout moment. Ils épaulent cet ancien commandant en second du bâtiment de projection et de commandement MISTRAL. Les personnels d'intervention formés dans les bases peuvent venir en renfort si nécessaire. Dans tous les cas de figure, l'équipe d'Evaluation du sinistre est composée d'un officier de marine chef de quart, d'un officier mécanicien et d'un inspecteur du Centre de Sécurité des Navires. L'équipe d'Intervention comprend aussi bien des pompiers que des médecins, des photographes que des gendarmes. Le second volet de cet article détaillera la procédure d'enquête judiciaire menée par ces derniers.

François DIDIERJEAN (CF de réserve)

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

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