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Le Champlain achemine depuis La Réunion du fret médical pour l’hôpital de Mayotte

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Le Champlain achemine depuis La Réunion du fret médical pour l’hôpital de Mayotte

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Alors que le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral est arrivé samedi à Mayotte, un autre bâtiment de la Marine nationale est en route vers l’île française située au nord-est de Madagascar. Il s’agit du bâtiment de soutien et d’assistance Outre-mer (BSAOM) Champlain, qui a quitté jeudi 2 avril la base navale de Port des Galets, à La Réunion. Il est attendu ce lundi 6 avril dans le port mahorais de Longoni. A bord, une citerne d’oxygène liquide d’une capacité de 20.000 litres, 1000 litres d’alcool pur permettant de fabriquer une solution hydro-alcoolique et des équipements de protection, dont des masques. Ce fret médical est destiné au Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, qui continue de se propager dans l’île.   

Plus de 130 cas avérés dans l’île

Sur place, la situation sanitaire est compliquée car l’île est surpeuplée, le respect du confinement y est compliqué et les moyens hospitaliers, en particulier de réanimation, sont limités. D’autant que Mayotte fait face depuis le début de l’année à une épidémie de dengue qui mobilise déjà d’importantes ressources. En date du 4 avril, on comptait à Mayotte 134 cas avérés de Covid-19 (une quinzaine de plus en 48 heures), dont un second décès annoncé jeudi. Samedi, 18 personnes atteintes du coronavirus étaient soignées au CHM, dont 3 au service de réanimation.

Arrivée du PHA Mistral et mise en place d'un pont aérien

En plus du Champlain, la Marine nationale a déployé à Mayotte le porte-hélicoptères amphibie Mistral, qui va renforcer les moyens humains et matériels, ainsi que les capacités logistiques de l'Etat dans l'île. Il est arrivé samedi matin et a débarqué le sous groupement tactique de l'armée de Terre présent à son bord. Il va prêter main forte aux hommes de la Légion étrangère présents sur place. Samedi soir, le gouvernement a par ailleurs annoncé la mise en place d'un pont aérien entre La Réunion et Mayotte, via un contrat d'affrètement avec la compagnie Air Austral, qui va assurer deux rotations par semaine. Il s’agit d’avitailler l’île en produits sanitaires et alimentaires, permettre les évacuations sanitaires urgentes, et envoyer, le cas échéant, des renforts de personnel soignant. Le premier avion, un Boeing 787, est parti samedi après-midi de La Réunion avec à son bord 7 tonnes de fret et 24 personnels de santé. Pour mémoire, les vols commerciaux à destination et vers Mayotte ont été suspendus le 27 mars. En attendant la mise en place du pont aérien, l’Airbus A330 de la présidence de la République avait été mobilisé. Arrivé mardi 31 mars à Mayotte, il a effectué un aller-retour avec La Réunion pour acheminer du fret sanitaire et des soignants.

Le BSAOM Champlain

Construit par le chantier Piriou de Concarneau et basé à La Réunion depuis juin 2017, le Champlain est le troisième des quatre nouveaux BSAOM de la Marine nationale. Tête de série de ce programme, le D’Entrecasteaux a rejoint la Nouvelle-Calédonie en juillet 2016, alors que le Bougainville est arrivé en Polynésie française en décembre de la même année. Quant au quatrième BSAOM, le Dumont d’Urville, il est stationné aux Antilles depuis l’été 2019.

Ces nouvelles unités remplacent notamment les anciens bâtiments de transport léger (Batral) qui étaient basés Outre-mer. Spécialement conçus pour évoluer dans les grands espaces maritimes ultramarins, les BSAOM mesurent 65 mètres de long pour 14 mètres de large et affichent un déplacement de 2300 tonnes en charge. Très robustes et endurants, avec un design inspiré des navires de service à l’offshore, ces bâtiments, capables d’atteindre 14 nœuds, offrent une autonomie de 5000 milles à 12 nœuds et des vivres pour 30 jours d’opération (avec 40 personnes à bord). Ils se distinguent aussi par leur polyvalence, leur permettant d’assurer dans le cadre de la sauvegarde maritime un très large panel de missions, tant militaires qu’interministérielles : présence, surveillance et protection des intérêts français et des territoires nationaux outre-mer, en particulier les zones économiques exclusives, assistance de navires en difficulté et sauvetage en mer, lutte contre la pollution maritime, projection de forces en appui de la police, de la gendarmerie et de l’armée de terre ; assistance et secours aux populations sinistrées ; ou encore soutien logistique avec par exemple du transport de fret au profit des collectivités territoriales françaises.

- Voir notre reportage sur le D'Entrecasteaux

 

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