Construction Navale
Le chantier de Turku confirme la suppression de 250 emplois

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Le chantier de Turku confirme la suppression de 250 emplois

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Le chantier finlandais Meyer Turku, l’un des principaux constructeurs de paquebots, a annoncé mardi 10 novembre la suppression de 250 emplois, dont 84 viennent d’être actés avec les syndicats (les autres l’avaient été en août). Filiale du groupe allemand Meyer Werft, l’entreprise est touchée de plein fouet par le ralentissement de l’industrie de la croisière, qui est quasiment à l’arrêt complet depuis le mois de mars et le début de pandémie. Après un redressement spectaculaire ces dernières années, Turku, équivalent finlandais de Saint-Nazaire, a vu ses perspectives et son plan de charge se réduire significativement à cause de la crise, avec une cadence revue à seulement une livraison par an au lieu de deux prévues auparavant.

Une saignée moins importante que redouté

Le chantier, qui comptait au moment de l’apparition de la Covid-19 quelques 2200 salariés, n’a toutefois pas été contraint, du moins pour le moment, de réduire la voilure autant qu’envisagé en avril dernier. La direction avait alors évoqué le chiffre de 450 suppressions de postes, soit 20% des effectifs. Finalement, après négociations avec les syndicats, il a été décidé de se limiter pour le moment à 250 licenciements et départs en retraite non remplacés. « Malheureusement, nous devons prendre des mesures douloureuses pour nous adapter à la situation réelle du marché, qui de toute évidence a radicalement changé cette année », a indiqué le patron du chantier, Tim Meyer, qui a dit travailler « à assurer l’avenir du chantier sur le long terme ».

Les commandes étalées dans le temps

Alors que les perspectives étaient très sombres au printemps, le constructeur est parvenu cet été à négocier avec les armateurs un accord destiné à maintenir les commandes déjà engrangées. Mais avec des aménagements, en clair des étalements dans la construction des navires afin selon Meyer Turku de maintenir de la charge jusqu’en 2026. Le Mardi Gras de Carnival Cruise Line ne sera, ainsi, livré qu’en décembre (au lieu d’octobre) alors que le Costa Toscana, initialement prévu pour entrer en flotte en juin 2021, aura six mois de retard. Le Carnival Celebration devrait quant à lui glisser à la fin 2022 alors que le dernier paquebot en commande pour TUI Cruises, le Mein schiff 7, est attendu pour 2023. Pour la suite, les choses semblent plus incertaines puisque le chantier doit enchainer avec les paquebots du projet Icon de Royal Caribbean International, qui doivent normalement être livrés en 2022, 2024 et 2025. Ils seront, a minima, eux aussi retardés, sachant que des rumeurs courent actuellement sur un éventuel abandon de ce projet. Tout dépendra probablement de la capacité des armateurs à reprendre leur activité l’année prochaine et de quelles marges de manoeuvre financières ils disposeront en sortie de crise.

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Meyer Turku (ex-STX FINLAND)