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Le Charles de Gaulle amorce son retour vers Toulon

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Le Charles de Gaulle amorce son retour vers Toulon

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Parti en mission vers l'océan Indien début décembre, après une période de certification d’une dizaine de jours, le groupe aéronaval français, emmené par le porte-avions Charles de Gaulle, a amorcé son retour vers la France. Après le franchissement du canal de Suez, à priori la semaine prochaine, le GAN devrait retrouver Toulon vers le 18 février. Pour ce déploiement, baptisé Bois Belleau en hommage à l’engagement américain durant la Grande Guerre, dont on fête cette année le centenaire, le porte-avions français est accompagné de la frégate de défense aérienne Forbin et de la frégate anti-sous-marine Jean de Vienne, ainsi que du pétrolier-ravitailleur Meuse.  

 

Cette mission de deux mois et demi aura été marquée par une coopération très étroite avec les Américains. Le Charles de Gaulle et son escorte ont, ainsi, opéré durant cinq semaines (du 26 décembre au 2 février), dans la région du golfe Persique, avec l’USS Harry S. Truman et son groupe aéronaval, constitué des croiseurs USS Gettysburg et USS San Jacinto, ainsi que des destroyers USS Mason et USS Bulkeley. A cette occasion, chaque marine a pu réaliser des échanges d’aéronefs entre porte-avions. C’est ainsi que, pour la première fois, un Super Hornet a réalisé un appontage puis un catapultage sur le Charles de Gaulle. « L’appontage sur le Charles de Gaulle a été une expérience incroyable. Ce fut remarquable de voir comment c’est similaire à un appontage sur le Truman. Les Français ont été extrêmement professionnels et la transition s’est faite sans problème », explique Rob Littman, le pilote de l’appareil américain qui a inauguré cette nouvelle page de l’aviation navale franco-américaine.

 

 

Super Hornet sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Super Hornet sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

 

De tels échanges, qui sont le fruit d’une coopération et d’une confiance forgées au fil des années entre les deux marines, a atteint ces dernières semaines un niveau d’intégration inédit pour l’US Navy et la Marine nationale. « Nous avons exécuté ensemble une vaste gamme d’opérations, avec des vols combinés et des qualifications sur les deux porte-avions. Nous avons aussi réalisé des qualifications d’hélicoptères sur nos autres bâtiments, mené des exercices de visites de navires, de tirs d’artillerie, de défense aérienne ou encore de recherche et de sauvetage… Tous les types de missions que nous pouvons être amenés à conduire à tout moment. Nous avons même fait ce que nous appelons un " shotgun swap" (littéralement un "échange de fusil de chasse", ndlr) lorsque le Forbin a assuré le contrôle de la défense aérienne du Truman alors que le Gettysburg remplissait le même rôle pour le Charles de Gaulle », explique le contre-amiral Kevin Sweeney. Pour le commandant du groupe aéronaval américain, le Carrier Strike Group 10 : « Ces opérations ont été conçues pour renforcer notre coopération et améliorer notre niveau d’interopérabilité. Et de façon toute aussi importante, elles aident à promouvoir la stabilité de cette région ».   

Pendant plus d'un mois, les Etats-Unis et la France ont, en effet, profité des manœuvres de cette imposante flotte conjointe pour envoyer un signal politique fort quant à leur volonté de préserver leurs intérêts dans cette zone stratégique. 

 

 

Américains et Français en mer d'Oman, le 31 janvier (© : US NAVY)

Américains et Français en mer d'Oman, le 31 janvier (© : US NAVY)

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