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Le Charles de Gaulle en mer Rouge

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Le Charles de Gaulle en mer Rouge

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Après quasiment deux semaines d’opérations en Méditerranée orientale, où ses appareils ont bombardé les positions de Daech en Syrie et en Irak, le porte-avions français s'est engagé dimanche dans le canal de Suez. Accompagné des frégates Chevalier Paul, La Motte-Picquet, Léopold Ier (Belgique) et Augsburg (Allemagne), ainsi que du bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, le Charles de Gaulle en est sorti hier, entrant ainsi en mer Rouge. Le groupe aéronaval (GAN) de la Marine nationale va maintenant gagner le golfe Persique afin de poursuivre ses opérations contre les terroristes. Depuis le 23 novembre, le groupe aérien embarqué, constitué notamment de 18 Rafale Marine et 8 Super Etendard Modernisés, a réalisé selon l'Etat-major des Armées (EMA) 130 sorties, 9 missions de renseignement (ISR) et 22 frappes. 

 

(© : EMA)

(© : EMA)

 

Des liens très étroits avec les Américains

Ce repositionnement découle probablement d’une réalité opérationnelle, liée à la nécessité, entre pays engagés contre Daech, de se répartir les zones d’intervention. Alors que les Russes sont très présents sur le théâtre syrien, le Royaume-Uni y intervient depuis la fin de la semaine dernière, avec des appareils basés à Chypre. Les avions du Charles de Gaulle eux-mêmes, malgré la proximité géographique de la Syrie, bordée par la Méditerranée, ont été engagés en Irak, où l’effort semble devoir être accru. Il sera donc plus aisé pour le groupe aéronaval français d'opérer depuis le Golfe. C’est aussi ce que doit faire le porte-avions américain USS Harry S. Truman, en provenance des Etats-Unis et qui est entré la semaine dernière en Méditerranée. « En pénétrant dans la Mer rouge, le contre-amiral René-Jean Crignola, commandant du GAN, a pris les fonctions de commandant de la Task Force 50, qu’il assurera durant plusieurs semaines. La TF50 est la composante navale de la coalition contre Daech constituée autour d’un ou plusieurs porte-avions. Habituellement exercée par un amiral américain, le commandant de la TF50 travaille en étroite collaboration avec USNAVCENT, l’état-major naval régional américain de la coalition contre Daech. C’est la première fois que cette fonction est confiée à un amiral non américain. Cela démontre le haut niveau d’interopérabilité que les marines française et américaine ont atteint », souligne l'EMA.

 

(© : EMA)

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Les relations entre les marines américaine et française sont donc particulièrement fortes et leur niveau de coopération plus élevé que jamais. Fortes des nombreux exercices et opérations réalisés de concert ces dernières années, les deux flottes ont pu accroître leur interopérabilité et développer une confiance mutuelle. Au point qu'elles s'échangent des moyens, un destroyer américain ayant rejoint le Charles de Gaulle le 24 novembre alors que la frégate de défense aérienne Chevalier Paul va intégrer l'escorte de l’USS Harry S. Truman.

Quant à la présence permanente que la Marine nationale assure depuis plus de deux ans en Méditerranée orientale, elle devrait être assurée par la frégate Courbet, détachée de l’opération Sophia (lutte contre les passeurs au large de la Lybie) à laquelle elle participait depuis le mois d’octobre. 

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