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Le Charles de Gaulle en océan Indien avant de partir pour l'Asie

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Le Charles de Gaulle en océan Indien avant de partir pour l'Asie

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Parti le 5 mars de Toulon, le groupe aéronaval français, après avoir œuvré en soutien à l’opération Chammal en Méditerranée orientale (ou le destroyer britannique HMS Duncan a été intégré au GAN), a rejoint l’océan Indien. Avant cela, le Charles de Gaulle et son escorte ont retrouvé mi-avril, en mer Rouge, le groupe américain emmené par le porte-avions USS John C. Stennis, avec lequel ils ont conduit différents exercices navals et aériens. Alors que le CVN 74 est sur le chemin du retour vers sa base de Norfolk, aux Etats-Unis, avec notamment une escale à Marseille où il est arrivé samedi, le Charles de Gaulle a été engagé dans d’autres manœuvres avec les forces américaines déployées au Moyen-Orient, accueillant notamment sur son pont d’envol deux convertibles MV-22 Osprey de l’US Marine Corps. A noter que l'USS John C. Stennis va être remplacé par l'USS Abraham Lincoln, qu'il a croisé en Méditerranée le 24 avril et qui débute un déploiement de plusieurs mois vers le Moyen-Orient et le Pacifique, jusqu'à San Diego, où il sera dorénavant basé. 

 

La Marne ravitaillant le Niels Juel et le Duncan lors des opérations en Méditerranée orientale (© ROYAL NAVY)

La Marne ravitaillant le Niels Juel et le Duncan lors des opérations en Méditerranée orientale (© ROYAL NAVY)

 

 

Deux Osprey sur le pont du Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

Deux Osprey sur le pont du Charles de Gaulle (© MARINE NATIONALE)

 

Accompagné notamment par la frégate de défense aérienne Forbin et la frégate lance-missiles danoise Niels Juel, le Charles de Gaulle suit maintenant une nouvelle phase de la mission Clemenceau, en océan Indien. En mai, le groupe aéronaval de la Marine nationale participera à l’exercice franco-indien Varuna, puis début juin sera en escale à Singapour en marge du Shangri-la Dialogue, conférence internationale annuelle consacrée aux problématiques de défense et de sécurité dans la région Asie-Pacifique, dont la France est avec la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie un pays riverain.

Alors que cette partie du monde est toujours soumise à des tensions, en particulier en matière de revendications territoriales autour de la mer de Chine, la France, qui souhaite contribuer à la sécurité de cette zone vitale pour l’économie, a voulu cette année montrer sa capacité à projeter une puissante force aéronavale jusqu’en Asie. Cela n’était pas arrivé depuis 2002, année où le Charles de Gaulle, alors flambant neuf et ayant connu son premier engagement opérationnel lors de l’opération Héraclès en Afghanistan, avait fait relâche à Singapour.

Le retour du porte-avions français dans ce secteur est donc très symbolique, et pas du goût de toutes les puissances régionales. Même si le navire amiral de la flotte française se contentera d’évoluer sur le pourtour de l’extrême-sud de la mer de Chine méridionale, Pékin semble voir cette présence d’un mauvais œil. C’est peut-être ce qui explique que les autorités chinoises ont officiellement protesté la semaine dernière contre le passage dans le détroit de Taïwan de la frégate de surveillance Vendémiaire. Un transit qui fait partie des évolutions conduites plusieurs fois par an par des unités françaises en mer de Chine, la France manifestant ainsi, à l’instar d’autres nations comme les USA, le Royaume-Uni et l’Australie, son attachement à la liberté de naviguer conformément au droit international. Cela, alors que la Chine bunkerise progressivement la zone et considère le détroit de Taïwan comme faisant partie de ses eaux territoriales.

Cet incident diplomatique sans gravité mais assez éclairant sur la susceptibilité chinoise concernant cette question, n’empêchera pas la venue du Charles de Gaulle à Singapour, où la problématique de la navigation dans les eaux internationales devrait être justement abordée lors du Shangri-la Dialogue.

En dehors de cette escale, le groupe aéronaval français doit également participer, au cours de son déploiement, à un important exercice avec les Américains et les Australiens dans le golfe du Bengale. Sauf impératif opérationnel, le retour du GAN à Toulon est prévu en juillet.

 

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