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Le Charles de Gaulle équipé de canons télé-opérés
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Le Charles de Gaulle équipé de canons télé-opérés

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Pendant son récent arrêt technique, le porte-avions français a vu son autodéfense à courte portée discrètement améliorée. Comme Mer et Marine a pu le constater, le Charles de Gaulle est désormais doté de canons télé-opérés. Il s’agit de systèmes de 20mm Narwhal, qui équipent déjà les porte-hélicoptères amphibies (PHA, ex-BPC), les frégates de défense aérienne (FDA), les frégates multi-missions (FREMM) et trois patrouilleurs Antilles Guyane (PAG, ex-PLG) de la Marine nationale. Ces systèmes, au nombre de trois, ont été installés sur des encorbellements de part et d’autre du porte-avions. Ils complètent l’artillerie manuelle, offrant un niveau rideau de défense en particulier contre des menaces asymétriques, ainsi que les missiles dont est doté le Charles de Gaulle. Ce dernier dispose notamment, sur chaque côté, d’un système Sadral avec six missiles à très courte portée Mistral prêts à l’emploi. Pouvant traiter des cibles jusqu’à une distance de 6000 mètres, cette arme a été d’abord conçue pour la défense antiaérienne, contre aéronefs mais aussi des missiles assaillants. Sa dernière version, le Mistral 3, dotée d’un nouvel autodirecteur, est aussi adaptée à la neutralisation de mobiles de surface, comme des embarcations suicides. Le tandem Narwhal/Sadral offre ainsi une double protection et une redondance à courte portée. L’autodéfense du Charles de Gaulle comprend également 32 missiles surface-air Aster 15 pour traiter des cibles aériennes à une trentaine de kilomètres, y compris des missiles antinavire supersoniques très manœuvrants. Les lance-leurres Sagaie installés à l’origine ont quant à eux été pour mémoire débarqués en 2011, car considérés comme peu efficaces sur une plateforme de cette taille, déjà très défendue. Les encorbellements qui les accueillaient avaient été dotés de sellettes pour des mitrailleuses manuelles et servent maintenant de supports aux Narwhal.  

 

L'un des nouveaux canons télé-opérés installés sur le Charles de Gaulle

L'un des nouveaux canons télé-opérés installés sur le Charles de Gaulle

 

Durant sa refonte à mi-vie en 2017/2018, le Charles de Gaulle a déjà vu ses moyens de surveillance et d’autoprotection renforcés. Alors qu’un nouveau radar SMART-S a remplacé le DRBJ-11B d’origine, la veille infrarouge a été améliorée avec l’installation de l’EOMS NG de Safran. L’intégration d’un système panoramique Artemis (Thales) s’y est ajoutée. Des moyens permettant d'améliorer la veille, l’identification et la poursuite de cibles autour du porte-avions, de jour comme de nuit et quelles que soient les conditions météo, avec pour objectif notamment de contrer des attaques asymétriques.

Pendant ce chantier, le bâtiment avait été pré-équipé pour recevoir des Narwhal, la mise en place des systèmes ayant été cependant différée, probablement pour des questions budgétaires.

Développé par Nexter, le nouveau canon télé-opéré de 20mm français est un système gyrostabilisé doté d’un ensemble intégré de caméras jour/nuit (TV/IR) et disposant de sa propre conduite de tir, avec fonction de poursuite automatique couplée à un télémètre laser. 

 

Narwhal, ici sur un PHA (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Narwhal, ici sur un PHA (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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