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Le Charles de Gaulle immobilisé pour des problèmes de propulsion

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Le Charles de Gaulle immobilisé pour des problèmes de propulsion

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C'est un coup dur pour la Marine nationale et DCNS, qui a mené l'arrêt technique du Charles de Gaulle. Le porte-avions a été obligé de rentrer à Toulon, où il va rester immobilisé plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Le chef d'Etat-major de la marine a décidé de suspendre le programme d'activité à la mer du bâtiment après le constat de l'usure anormale de deux pièces mécaniques d'entraînement des lignes d'arbres. L'information a été révélée vendredi matin par notre confrère Jean-Dominique Merchet sur son blog, Secret Défense, puis confirmée par la marine. « Durant les dernières sorties à la mer, des vibrations élevées ont été détectées dans le compartiment de propulsion. Après examen, deux pièces d'accouplement reliant deux des quatre turbines du Charles de Gaulle à leurs lignes d'arbres se sont révélées anormalement usées », explique la Marine nationale. Si l'on sait qu'une des deux pièces d'accouplement abîmée avait déjà connu une telle usure avant le grand carénage (IPER) du porte-avions, personne ne se risque encore à fournir une explication. Pour l'heure, la marine, DCNS et le Service de Soutien de la Flotte ne sont « pas en mesure d'apporter une conclusion fiable sur la cause (de l'avarie) et les délais (de réparation) », explique-t-on Rue Royale. L'état-major précise que DCNS et la marine vont « analyser les données techniques et réaliser des examens complémentaires. Il s'agit de déterminer les mesures à prendre et leurs conséquences sur le programme du bâtiment. La durée d'immobilisation pourrait durer entre plusieurs semaines et plusieurs mois ».

(© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

Conséquences opérationnelles

Cette suspension d'activité intervient juste après les phases d'entraînement et de préparation opérationnelle qui représentaient le coeur de la remontée en puissance du bâtiment et ont permis la qualification du groupe aérien embarqué.
Après une longue période d'entrainement, le navire avait atteint un niveau opérationnel lui permettant, en cas d'urgence, d'être envoyé en opérations. Il poursuivait néanmoins sa remontée en puissance afin d'atteindre, avant un prochain déploiement, un niveau « maximal » de maîtrise de l'outil aéronaval. De plus, au cours des prochaines semaines, la formation des jeunes pilotes, qui n'ont encore jamais été catapultés ou ont apponté sur le Charles de Gaulle, devait être mené à bien. Or, cette phase, cruciale pour l'avenir du groupe aérien embarqué, n'a pas encore débuté. En dehors du fait que la France n'est plus en mesure de déployer son unique porte-avions, l'aéronautique navale ne peut donc plus régénérer son potentiel au niveau des jeunes pilotes. Reste maintenant à savoir combien de temps cette situation délicate va durer.

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