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Le Charles de Gaulle lance ses avions sur l'Afghanistan

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Le Charles de Gaulle lance ses avions sur l'Afghanistan

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Après une escale technique à Djibouti, le porte-avions français Charles de Gaulle s'est mis en position, au nord de l'océan Indien, pour participer au soutien de la Force internationale d'assistance à la sécurité(FIAS). Catapultés au large des côtes pakistanaises, les premiers appareils du groupe aérien embarqué ont rejoint le théâtre afghan jeudi dernier. D'abord un avion de guet aérien Hawkeye puis, le lendemain, des avions de combat Rafale. Ces appareils participent, aux côtés des forces aériennes basées à terre, au soutien des troupes combattant les talibans, comme les soldats français de la brigade La Fayette. Les Rafale et Super Etendard Modernisés (SEM) du Charles de Gaulle peuvent, notamment, délivrer des bombes à guidage laser et GPS, ainsi que l'armement air-sol modulaire (AASM). Désormais, le Rafale dispose aussi du pod RECO NG, qui lui permet de mener des missions de reconnaissance. Entre jeudi et dimanche, une vingtaine de sorties avaient déjà été réalisées au profit de la FIAS. Malheureusement, hier, l'un des Rafale du Charles de Gaulle, qui devait participer à une mission de soutien aérien en Afghanistan, s'est abîmé en mer peu après son catapultage. Le pilote a néanmoins pu s'éjecter avant le crash et a été récupéré, sain et sauf, par l'hélicoptère Pedro assurant la sécurité autour du porte-avions durant les manoeuvres aviation.

Dauphin Pedro du Charles de Gaulle   (© : MARINE NATIONALE)
Dauphin Pedro du Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Un Rafale Marine   (© : MARINE NATIONALE)
Un Rafale Marine (© : MARINE NATIONALE)

Actuellement, le Charles de Gaulle embarque 12 SEM, 9 Rafale F3 (en comptant la perte d'hier) et 2 Hawkeye, ainsi que des hélicoptères. Le bâtiment et son groupe aérien embarqué sont engagés en Afghanistan (opération Pamir) du 25 novembre au 25 décembre. Le Charles de Gaulle devrait, ensuite, faire escale à Abu Dhabi, où se trouve la base navale de l'Implantation Militaire Française aux Emirats Arabes Unis (IMFEAU).
Le porte-avions, qui a appareillé le 30 octobre de Toulon, n'est pas parti seul. Il est accompagné de la frégate de défense aérienne Forbin, de la frégate anti-sous-marine Tourville, du pétrolier-ravitailleur Meuse et du sous-marin nucléaire d'attaque Améthyste.

SEM à l'appontage   (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)
SEM à l'appontage (© : MER ET MARINE - GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)

Le cap des 24.000 appontages franchi

L'équipage du Charles de Gaulle a célébré, le 27 novembre, le 24.000ème appontage réalisé à bord du porte-avions français, entré en service en 2001. C'est un Super Etendard Modernisé qui a eu l'honneur de franchir ce seuil samedi dernier. Le volume considérable d'appontages et de catapultages réalisés montre d'ailleurs bien que le bâtiment, régulièrement brocardé par la presse, a connu une activité soutenue depuis 10 ans. Pour mémoire, le Charles de Gaulle a réalisé 1100 jours de mer et l'équivalent de 12 tours du monde entre sa mise en service et son premier arrêt technique majeur, en 2007. Et, malgré quelques aléas techniques désormais solutionnés, depuis la fin de son grand carénage, il totalise près de 300 jours de mer et environ 60.000 nautiques parcourus. Le navire en est à son quatrième grand déploiement en océan Indien, le plus important ayant été celui de 2001/2002, durant lequel il a connu son baptême du feu. Du 19 décembre 2001 au 19 juin 2002, dans le cadre de l'opération Héraclès de soutien aux troupes luttant contre les talibans, le groupe aérien embarqué avait réalisé 165 missions d'appui sol, 100 missions de reconnaissance, 126 missions de guet aérien et 120 missions de ravitaillement en vol, soit plus de 2700 heures de vol.

Rafale et SEM au catapultage   (© : MARINE NATIONALE)
Rafale et SEM au catapultage (© : MARINE NATIONALE)

Actuellement, le porte-avions participe donc à la mission Agapanthe. Ce déploiement, qui durera quatre mois, est à la fois diplomatique et militaire. « La mission du Charles de Gaulle consiste à manifester l'intérêt de la France pour une région du monde essentielle à sa sécurité : sécurité de ses approvisionnements - que l'on songe au volume d'hydrocarbures transportés à travers le détroit d'Ormuz ou bien à la menace que les pirates font peser sur les navires de commerce qui passent à travers le golfe d'Aden - sécurité de ses citoyens, aussi, en agissant dans la profondeur contre le développement des foyers de terrorisme, maintien et renforcement des liens d'amitié qui l'unissent à de nombreux pays limitrophes. Lorsque le porte-avions se trouve dans une région telle que le nord de l'océan Indien, c'est comme si on y donnait un énorme coup de projecteur : on recueille de nombreuses informations importantes et on montre que l'on n'est pas indifférent à ce qui s'y passe », explique le capitaine de vaisseau Jean-Philippe Rolland, commandant du Charles de Gaulle.

Le Charles de Gaulle   (© : MARINE NATIONALE)
Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Long de 261.5 mètres pour un déplacement de plus de 42.000 tonnes à pleine charge, le bâtiment dispose d'une propulsion nucléaire lui offrant une autonomie très importante. Véritable aérodrome mobile, ses appareils remplissent un spectre de missions très vaste. Les différentes composantes du groupe aérien embarqué peuvent, ainsi, réaliser des opérations de surveillance et de l'espace aérien, de reconnaissance en territoire hostile, de défense aérienne, d'attaque au sol, de lutte antinavire et même de dissuasion nucléaire. Pour cela, la chasse embarquée (Rafale et SEM) met notamment en oeuvre le missile nucléaire ASMP-A, le missile de croisière Scalp EG, l'armement air-sol modulaire (AASM), des bombes GBU, le missile antinavire Exocet AM39, ou encore des missiles Mica EM et IR. Les avions sont également dotés de pods de reconnaissance ou de nacelles de désignation d'objectif, sans oublier les capacité des Hawkeye, avions de guet aérien capables de surveiller un vaste espace et de coordonner un raid aérien.

Tir de missile Aster 15   (© : MBDA)
Tir de missile Aster 15 (© : MBDA)

Pour son autodéfense, le porte-avions peut aussi compter sur ses 32 missiles surface-air Aster 15, ses deux systèmes Sadral (missiles Mistral), son artillerie légère, ses équipements de guerre électronique et ses lance-leurres. Son escorte est, quant à elle, assurée par la frégate de défense aérienne Forbin et la frégate de lutte anti-sous-marine Tourville, ainsi que par le sous-marin nucléaire d'attaque Améthyste. Le pétrolier-ravitailleur Meuse assure, quant à lui, le soutien logistique de cette force, procurant aux bâtiments carburant, vivres, pièces détachées et munitions.

Groupe aéronaval   (© : MARINE NATIONALE)
Groupe aéronaval (© : MARINE NATIONALE)

Parfaitement autonome, le groupe aéronaval, et plus particulièrement le porte-avions, se distingue par sa puissance de feu, sa polyvalence et sa capacité à se déployer loin et longtemps en profitant de la libre navigation dans les eaux internationales. « Les principaux atouts du Charles de Gaulle sont d'abord liés à sa nature de porte-avions : ses appareils lui permettent d'agir sur une étendue immense, que l'on adapte chaque jour en fonction de la mission qui lui est assignée, profitant d'une formidable liberté : celle de naviguer et de voler sans contrainte, ou presque, dans les espaces maritimes internationaux. C'est aussi une grosse unité qui, avec sa propulsion nucléaire, tient bien la mer et y opère pendant de longues périodes. C'est enfin et surtout un équipage de près de 2000 personnes fortement motivées par la nature exceptionnelle de l'activité qui s'y déroule : il est toujours surprenant de voir comment cette énorme machine parvient à s'adapter, chaque jour, à un cadre d'emploi et à des défis différents », souligne le pacha du Charles de Gaulle.
Il n'est, enfin, pas inutile de rappeler que seuls les Etats-Unis et la France disposent d'un tel outil.

Hawkeye à l'appontage   (© : MARINE NATIONALE)
Hawkeye à l'appontage (© : MARINE NATIONALE)

Catapultage de Rafale   (© : MARINE NATIONALE)
Catapultage de Rafale (© : MARINE NATIONALE)

Catapultage de SEM   (© : MARINE NATIONALE)
Catapultage de SEM (© : MARINE NATIONALE)

Hawkeye et SEM   (© : MARINE NATIONALE)
Hawkeye et SEM (© : MARINE NATIONALE)

Rafale avec missile Exocet   (© : DASSAULT AVIATION)
Rafale avec missile Exocet (© : DASSAULT AVIATION)

Rafale avec AASM   (© : MARINE NATIONALE)
Rafale avec AASM (© : MARINE NATIONALE)

SNA du type Rubis   (© : MARINE NATIONALE)
SNA du type Rubis (© : MARINE NATIONALE)

Le Forbin   (© : MARINE NATIONALE)
Le Forbin (© : MARINE NATIONALE)

Le Tourville   (© : MARINE NATIONALE)
Le Tourville (© : MARINE NATIONALE)

La Meuse   (© : MARINE NATIONALE)
La Meuse (© : MARINE NATIONALE)

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