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Le Charles de Gaulle à l'heure du MV-22

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Le Charles de Gaulle à l'heure du MV-22

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Pour la première fois, un convertible américain MV-22 Osprey s’est posé le 6 juillet sur le pont d’envol du Charles de Gaulle. Après les bâtiments de projection et de commandement du type Mistral, c’est donc au tour du porte-avions français de valider sa capacité à mettre en œuvre cet appareil de transport à rotors tournants, qui apponte et décolle comme un hélicoptère, puis vole comme un avion. L’expérimentation menée la semaine dernière en Méditerranée a été réalisée avec un Osprey de l’escadron VMM 263 de l’US Marine Corps, basé à Moron, en Espagne. Côté français, c’est le Centre d’Expérimentations Pratiques et de réception de l’Aéronautique navale (CEPA/10S) qui a piloté les opérations. « Les expérimentations ont permis de valider l’appontage et le décollage, le stationnement prolongé moteurs tournant, le ravitaillement en carburant, le pliage, le tractage et le saisinage sur le pont d’envol », précise la Marine nationale.

 

MV-22 sur le Charles de Gaulle  (© : MARINE NATIONALE)

MV-22 sur le Charles de Gaulle  (© : MARINE NATIONALE)

MV-22 sur le BPC Dixmude  (© : MARINE NATIONALE)

MV-22 sur le BPC Dixmude  (© : MARINE NATIONALE)

 

Celle-ci a commencé à s’intéresser au MV-22 il y a plus de deux ans. En 2014, le BPC Dixmude avait déjà accueilli un appareil de ce type, avant de servir à une campagne d’homologation du convertible américain à l’été 2015. Puis, en mars dernier, l’intégration avait franchi un nouveau cap à bord du Tonnerre lors de son passage en mer Rouge. Le bâtiment avait alors reçu deux MV-22B Osprey, qui avaient réalisé des « touch and go » mais s’étaient aussi ravitaillés à bord, ouvrant la voie à de futures utilisations opérationnelles.

Il en est désormais de même pour le Charles de Gaulle. Si l’Osprey peut constituer un outil intéressant pour la marine française du fait de ses capacités de transport rapide et à longue distance de troupes et de matériel, il n’est pas apparemment, pour l’heure, question d’acquérir ce type de matériel. Même si les marins en ont probablement envie, l’argent manque dans les caisses et, sauf si l’achat d’un tel outil peut être mutualisé avec d’autres armées, par exemple dans le cadre du renforcement des moyens alloués aux opérations spéciales, on ne devrait pas voir de sitôt des MV-22 flanqués d’une cocarde tricolore.

 

(© : US NAVY)

(© : US NAVY)

 

L’objectif est plutôt de poursuivre le renforcement de l’interopérabilité avec l’US Navy et l’USMC. Dans cette perspective, les plateformes françaises pourront à l’avenir servir de relais aux appareils américains, ceux-ci pouvant être également utilisés pour les besoins français. En particulier en matière de liaisons logistiques vers le Charles de Gaulle, une capacité manquant cruellement à la Marine nationale, qui n’avait pu faute de budget acquérir des avions de liaison C-2 Greyhound. Ainsi, selon l’état-major, les manœuvres menées le 6 juillet « permettront d’accueillir le V22 à bord du porte-avions lors des futurs déploiements, ce qui assurera la pérennité du soutien logistique américain au profit du groupe aéronaval à l’approche du retrait du service actif des Greyhound. Les capacités opérationnelles du V22 devraient aussi offrir de nouvelles perspectives dans la réalisation des missions du groupe aéronaval ». 

- Voir notre reportage sur l'escadron VMM 774 équipé de MV-22

 

C-2 à l'appontage sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

C-2 à l'appontage sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

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