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Le Charles de Gaulle réalise ses premières frappes contre Daech

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Le Charles de Gaulle réalise ses premières frappes contre Daech

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Parti de Toulon mercredi dernier, le groupe aéronaval français est entré en action hier contre les positions de Daech, en commençant par Irak avant de poursuivre sur la Syrie plus tard dans la journée. « Nous avons frappé à Ramadi et à Mossoul en appui au sol de forces locales qui étaient en progression contre des troupes de Daech », a précisé le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, présent à bord du Charles de Gaulle. Vers 8 heures du matin (heure de Paris), quatre Rafale Marine répartis en deux patrouilles ont été catapultés du porte-avions de la Marine nationale pour des missions de reconnaissance armée. « A Ramadi, les frappes ont mis hors de combat un groupe de terroristes. Une position d’artillerie de Daech qui était en train de tirer sur les troupes irakiennes a été détruite à Mossoul. Au total, l’opération a duré près de 7 heures. Les quatre chasseurs français ont été ravitaillés par des avions de la coalition. Ces missions aériennes sont conduites en coordination avec le centre des opérations aériennes de la coalition (CAOC) situé à Al Udeïd au Qatar », a précisé l’EMA, qui a annoncé dans la soirée qu'àprès ces premières opérations en Irak, les Rafale Marine du Charles de Gaulle avaient effectué un autre raid. Cette fois, c'est Raqqa, le fief des djihadistes en Syrie, qui a été visé. Quatre appareils de l'aéronautique navale se sont joints à deux Mirage 2000 de l'armée de l'Air partis de Jordanie. Plusieurs infrastructures étaient visées, dont un centre de commandement, une zone de stockage de véhicules et des ateliers de maintenance. Préalablement identifiées, ces cibles ont été détruite selon l'état-major, qui précise que cette action permet « de perturber les capacités de mouvement et de commandement de Daech ». 

 

Rafale Marine catapulté depuis le Charles de Gaulle (© : EMA)

Rafale Marine catapulté depuis le Charles de Gaulle (© : EMA)

 

Au large de la Syrie avec une trentaine d'aéronefs

Le porte-avions français s’est positionné au large de la Syrie pour être au plus près des positions djihadistes, sur lesquels les appareils de l’armée de l’Air ont déversé une soixantaine de bombes dans les jours qui ont suivi les attentats de Paris.

Avec ses 18 Rafale Marine et 8 Super Etendard Modernisés, ainsi que 2 avions de guet aérien Hawkeye et des hélicoptères, le groupe aérien embarqué du Charles de Gaulle permet de renforcer significativement les moyens français sur zone. Ceux-ci étaient jusqu’ici composés de 6 Rafale Air basés aux Emirats Arabes Unis, 3 Mirage 2000D et 3 Mirage 2000N positionnés en Jordanie, ainsi qu’un avion de patrouille maritime Atlantique 2.

En plus de tripler le nombre d’avions de combat engagés contre Daech, le Charles de Gaulle, du fait de sa proximité géographique avec les territoires contrôlés par les terroristes, pourra avoir un effet démultiplicateur. François Hollande n'a d'ailleurs pas caché hier que le porte-avions était là « pour frapper, et frapper dur ». Ce qu'il n'a pas manqué de faire dès son premier jour d'opération sur zone. 

 

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

Le marathon diplomatique de François Hollande

Et la France n’est pas la seule à intensifier ses frappes. Ainsi, les forces russes, qui ont reçu l’ordre de coopérer avec le Charles de Gaulle, ont affirmé hier avoir bombardé pas moins de 472 cibles « terroristes » en Syrie en 48 heures. Alors que François Hollande doit rencontrer jeudi Vladimir Poutine à Moscou, il a reçu hier David Cameron. Le premier ministre britannique a apporté son soutien au président français dans sa volonté d’amplifier les actions militaires et mobiliser une coalition internationale la plus étendue possible pour détruire Daech. Estimant que le Royaume-Uni, déjà engagé en Irak, « doit également intervenir en Syrie », il a annoncé qu’une stratégie serait présentée cette semaine au parlement britannique, dont le feu vert est impératif avant toute intervention. En attendant, un destroyer lance-missiles de la Royal Navy le HMS Defender, a été désigné pour intégrer le groupe aéronaval français, qui compte déjà la frégate belge Léopold I en plus des frégates françaises Chevalier Paul et La Motte-Picquet, un sous-marin nucléaire d’attaque et le bâtiment de ravitaillement Marne. Londres a également proposé à la France d'utiliser, si elle le souhaite, la base de la Royal Air Force à Chypre. 

 

Le HMS Defender, ici devant Gibraltar (© : ROYAL NAVY)

Le HMS Defender, ici devant Gibraltar (© : ROYAL NAVY)

 

Le marathon diplomatique de François Hollande passe aussi par Washington, où le chef de l’Etat rencontre ce mardi Barack Obama, qui a déjà apporté son soutien à Paris et demandé à l’armée américaine d’intensifier la coopération avec son homologue française, en particulier dans le domaine du partage de renseignements. « Nous les éliminerons, nous reprendrons les terres où ils sont, nous supprimerons leurs financements, nous traquerons leurs dirigeants, nous démantèlerons leurs réseaux, leur lignes de ravitaillement...», a déclaré hier le président américain. Alors que les Etats-Unis sont le premier contributeur de la coalition réunissant une dizaine de pays occidentaux et arabes, le porte-avions USS Harry S. Truman, qui a quitté Norfolk il y a huit jours, est en route pour la Méditerranée orientale. En attendant, en plus de l'US Air Force, la flotte américaine est engagée contre les Djihadistes avec le porte-hélicoptères d'assaut USS Kearsarge, qui intervient depuis le nord du golfe Persique avec des Harrier de l'US Marine Corps. 

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