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Le Charles de Gaulle repasse en Atlantique
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Le Charles de Gaulle repasse en Atlantique

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Moins de trois semaines après son départ de Brest pour rejoindre la mer du Nord, le groupe aéronaval emmené par le porte-avions Charles de Gaulle est repassé en Atlantique le 5 avril. A l’issue de la descente de la Manche, deux unités du GAN doivent rallier ce lundi la base navale brestoise pour une escale logistique de 24 heures. Il s’agit de la de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul et du bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme. « Cet arrêt logistique prévoit l’approvisionnement de plusieurs tonnes de vivres frais, du matériel technique naval et aéronautique et du carburant, permettant au porte-avions et à ses escorteurs d’évoluer plusieurs dizaines de jours en autonomie. Le matériel embarqué à bord du BCR Somme sera ensuite transbordé sur le porte-avions et ses escorteurs lors de ravitaillements à la mer », explique la préfecture maritime de l’Atlantique.

La Méditerranée puis l’Europe du nord

Le Charles de Gaulle a pour mémoire quitté le 21 janvier Toulon, dans le cadre de la mission Foch. Celle-ci l’a d’abord conduit en Méditerranée orientale où le GAN a opéré en soutien à l’opération Chammal de lutte contre le groupe terroriste Daech. Puis il a retraversé la Méditerranée pour s’engager en Atlantique pour la première fois depuis 10 ans. Bénéficiant d’une escorte composée en grande partie d’unités d’autres pays de l’UE, le Charles de Gaulle a évolué en Europe du nord avec comme objectif d’y affirmer la présence navale française et européenne et d’assurer la sécurisation des approches maritimes de l’Union. Y compris en mer Baltique où la frégate multi-missions (FREMM) Bretagne a été détachée le 23 mars pour une patrouille de cinq jours dans cette zone, où elle notamment évolué en coopération avec la frégate allemande Schleswig-Holstein.

 

Avec le SNMG1 (© MARINE NATIONALE - JEREMY VACELET)

Avec le SNMG1 (© MARINE NATIONALE - JEREMY VACELET)

 

Un seconde partie de mission largement modifiée à cause du Covid-19

Si une interaction s’est bien déroulée avec le SNMG1, l’un de groupes maritimes permanents de l’OTAN, le programme du GAN en Europe du nord a été largement modifié en raison du développement de l’épidémie de coronavirus. Ainsi, Frisian Flag, exercice international de grande ampleur organisé par l’OTAN, a été annulé. A la place, la France et les Pays-Bas ont décidé de réaliser du 23 au 27 mars un entrainement de haut niveau avec des F-35 et F-16 néerlandais, baptisé Frisian Resilience.

 

Pendant Frisian Resilience (© MARINE NATIONALE)

Pendant Frisian Resilience (© MARINE NATIONALE)

Pendant Frisian Resilience (© MARINE NATIONALE)

Pendant Frisian Resilience (© MARINE NATIONALE)

 

Le GAN a ensuite effectué une escale au Danemark, mais seulement au mouillage, devant le port de Frederikshavn, sans débarquement des marins du fait des risques liés au Covid-19 (l'escale danoise devait avoir initialement lieu à quai à Aarhus, plus au sud). Quant à la participation du groupe aéronaval à Joint Warrior, au large de l’Ecosse, elle n’aura pas lieu puisque cet exercice britannique a été lui aussi annulé.  

Une force très européanisée

Depuis le début de la mission Foch, l’escorte du Charles de Gaulle a évolué à plusieurs reprises, avec cette année l’intégration d’un nombre exceptionnellement élevé d’autres bâtiments européens. Actuellement, le GAN est composé en dehors du porte-avions d’un sous-marin nucléaire d’attaque, de la FDA Chevalier Paul, de la frégate anti-sous-marine La Motte-Picquet et du BCR Somme côté français. S’y ajoutent cinq frégates européennes, les Lübeck (Allemagne), Niels Juel (Danemark), Blas de Lezo (Espagne), Thor Heyerdahl (Norvège) et Corte Real (Portugal). Et d’autres unités européennes avaient intégré précédemment le GAN, dont la frégate grecque Spetsai et la belge Leopold I, cette dernière ayant été obligée de quitter prématurément le GAN fin mars après que la découverte d’un cas de Covid-19 à bord.

Retour à Toulon d’ici la fin avril

Quant au groupe aérien embarqué du Charles de Gaulle, il se compose actuellement de vingt-trois appareils, soit dix-huit avions de combat Rafale Marine, deux avions de guet aérien Hawkeye, ainsi que trois hélicoptères (un Caïman Marine et deux Dauphin Pedro).

L’annulation de Joint Warrior, qui devait se dérouler du 28 mars au 9 avril entre l’Ecosse et l’Irlande, et le fait que le GAN soit revenu au large de la Bretagne laisse penser qu’il pourrait revenir en Méditerranée plus rapidement que prévu et y achever son déploiement. Le retour à Toulon n’est en effet prévu que dans trois semaines.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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