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Le Charles de Gaulle revient en Méditerranée

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Le Charles de Gaulle revient en Méditerranée

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Après deux mois d’opérations dans le golfe Persique, le porte-avions français a franchi le détroit d’Ormuz le 22 février et va maintenant retrouver la Méditerranée. Autour du Charles de Gaulle, le groupe aéronaval est notamment constitué de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, de la frégate multi-missions Aquitaine, d’un sous-marin nucléaire d’attaque et du bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne. Alors que le GAN a successivement intégré au cours de son déploiement au Moyen-Orient différentes unités européennes (destroyer et frégate britanniques Defender et St Albans, frégate allemande Augsburg, frégate belge Léopold Ier), il a travaillé durant deux jours, après sa sortie du Golfe, avec la frégate australienne Darwin. Désormais, seule l'Augsburg est encore avec le groupe aéronaval français. 

 

L'Augsburg ravitaillé par la Marne (© : MARINE NATIONALE)

L'Augsburg ravitaillé par la Marne (© : MARINE NATIONALE) 

(© : MARINE NATIONALE)

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Alors que le groupe aérien embarqué du Charles de Gaulle comprend 26 avions de combat (18 Rafale Marine, 8 Super Etendard Modernisés), deux avions de guet aérien Hawkeye et des hélicoptères, de nombreuses opérations contre Daech ont été menées ces dernières semaines.

Ainsi, du 19 décembre (date de l’entrée du GAN dans le Golfe) au 22 février, près de 400 sorties aériennes opérationnelles ont été effectuées au profit de l’opération Chammal. Les appareils du Charles de Gaulle ont, en particulier, réalisé 23 missions de renseignement (ISR) au-dessus des positions tenues par le groupe terroriste en Irak et en Syrie, 80 frappes ayant été conduites pour neutraliser les cibles désignées.

 

 

Ce bilan s’ajoute à la première phase des opérations du GAN contre Daech, qui avait vu le Charles de Gaulle, parti le 18 novembre de Toulon, opérer directement depuis la Méditerranée orientale. Pendant 14 jours, jusqu’au 6 décembre, les appareils de l’aéronautique navale ont totalisé 130 sorties, comprenant 22 frappes et 9 missions ISR à l’encontre des islamistes en Syrie et en Irak. « Conjuguant sa puissance aérienne avec celle de l’armée de l’Air déjà présente dans le golfe Arabo-persique et en Jordanie, le GAN a détruit des centres de commandement et de formation, des sites de stockage d’armement et de fabrication d’IED. Il a aussi appuyé les forces irakiennes combattant Daech au sol en Irak », souligne l’Etat-major des Armées.

 

(© : MARINE NATIONALE)

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Le Charles de Gaulle et son escorte ont œuvré non seulement avec les forces aériennes françaises basées à terre et soutenues par des moyens de patrouille maritime (Atlantique 2), mais également avec les forces de la coalition oeuvrant contre Daech, en particulier les Américains. Pendant plusieurs semaines, le contre-amiral Crignola a ainsi assuré le commandement de la Task Force 50, la présence du Charles de Gaulle permettant d’assurer la permanence d’un porte-avions sur zone entre le départ de l’USS Theodore Roosevelt et l’arrivée de l’USS Harry S. Truman, avec lequel le GAN a ensuite travaillé. « L’intégration des forces navales française et américaine a permis de consolider l’interopérabilité entre les deux marines,  témoignant ainsi du bénéfice de plusieurs années d’interactions. Cette mutualisation des moyens a débouché sur de nombreuses missions, dont des raids contre Daech réalisés conjointement. Au cours des derniers jours, le groupe de porte-avions engagé dans le GAP a conduit des "dual carrier operations", c’est-à-dire des opérations combinant les moyens des deux groupes aéronavals français et américain. La prise de commandement par la France de la TF 50 a été saluée par nos alliés américains, en particulier par M. Ashton Carter, secrétaire d’État à la Défense et le vice-amiral Donegan, commandant la cinquième flotte. C’était la première fois que cette fonction était confiée à un amiral non américain », précise l’EMA.

 

Le Charles de Gaulle et l'USS Harry S. Truman 

Le Charles de Gaulle et l'USS Harry S. Truman (© : MARINE NATIONALE) 

 

Parti depuis maintenant plus de trois mois, le groupe aéronaval français va poursuivre son déploiement en Méditerranée et sera utilisé « en fonction des besoins opérationnels », pour reprendre les propos des militaires. Il peut s’agir de suivre l’évolution de la situation au Proche-Orient, où les tensions restent vives, d'assurer des missions de renseignement ou de lancer de nouvelles actions contre des objectifs islamistes. Le retour du Charles de Gaulle en Méditerranée pourra également permettre à la France de disposer, si besoin est, d’un puissant moyen d’action contre Daech en Libye, si des opérations contre le groupe terroriste dans ce pays sont décidées.  

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE) 

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