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Le Chevalier Paul bientôt de retour en flotte

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Le Chevalier Paul bientôt de retour en flotte

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Dans une livrée impeccable et bardée notamment de nouveaux canons télé-opérés, la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, entrée aux bassins Vauban à Toulon en février dernier, en est maintenant au stade des essais, ultime phase de son arrêt technique majeur conduit par Naval Group. On l’a notamment vue récemment au Lazaret pour des tests sur son système de combat. « La période actuelle est réservée à des sorties en mer, pour des tests et ajustements techniques, sous  responsabilité de l’industriel, avec le concours de l’équipage. Le bord teste différents systèmes embarqués (de navigation, de propulsion, de combat, de remorquage, mouillage, etc) », explique-t-on à l’état-major de la Marine nationale.

 

 

Comme son aîné le Forbin en 2018, le Chevalier Paul, mis en service il y a huit ans, a bénéficié d’un carénage complet, de visites de ses installations et d’une remise à niveau ou d’une modernisation des équipements, dont l’appareil propulsif, le système de combat et l’électronique. Le radar de veille lointaine S-1850M a par exemple été débarqué pour bénéficier d’une grande maintenance chez Thales aux Pays-Bas, alors que les trois radars de navigation ont été remplacés. Côté armement, l’autodéfense à courte portée est sérieusement améliorée, avec l’installation de trois canons télé-opérés de 20mm Narwhal. Ils succèdent aux affûts manuels dont disposaient les FDA depuis leurs débuts sur les ailerons, un troisième système étant mis en place sur le toit du hangar pour couvrir l’arrière de la frégate.

A ce jour, l’ATM est, indique-t-on à l'EMM, « conforme au calendrier prévisionnel », le Chevalier Paul devant être de retour en flotte d’ici la mi-novembre.

Ce chantier permet aux deux bâtiments défense aérienne de la Marine nationale, ms en service en 2010 et 2011, de poursuivre leurs opérations jusqu’à leur rénovation à mi-vie (RMV). Celle-ci est à ce stade prévue vers 2027 mais elle pourrait être avancée afin de coïncider, en termes de calendrier, avec celle des deux frégates italiennes du même type, les Andrea Doria et Caio Duilio, dont la modernisation est maintenant attendue vers 2025.

Ce projet pourrait être l’un des premiers, si ce n’est le premier, mené par la société commune que veulent créer Fincantieri et Naval Group. La RMV portera notamment sur l’ajout d’une capacité de défense contre les missiles balistiques, avec l’intégration de missiles Aster 30 Block1 NT capables de traiter des cibles dont la portée atteint 1200 à 1500 kilomètres (*). Il s'agit en particulier de répondre à la menace croissante des ASBM (anti-ship ballistic missiles), les missiles balistiques à capacité antinavire ou missiles antinavire à trajectoire balistique. 

Il faudra aussi, pour cela, changer le radar de conduite de tir, actuellement un EMPAR de l’Italien Leonardo. Ce dernier pousse ses derniers systèmes de la famille Kronos, alors qu’en France Thales milite pour l’installation sur les Forbin et Chevalier Paul de son nouveau SeaFire, au moins dans sa version tournante moins coûteuse à intégrer qu’un radar plaques (comme les futures frégates de défense et d'intervention) qui entrainerait des modifications architecturales importantes sur les frégates du type Horizon.  

(*) MBDA a déjà débuté les études de développement de l'Aster B1 NT afin notamment d'équiper les systèmes surface-air SAMP-T de l'armée de l'Air, pour lesquels Thales propose le radar GroundFire, version terrestre du SeaFire. Les premières commandes de B1 NT sont attendues à partir de 2022, après la qualification du nouveau missile. 

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)