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Le Clemenceau attendu à Brest entre le 12 et le 18 mai

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Le Clemenceau attendu à Brest entre le 12 et le 18 mai

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L’ancien porte-avions de la Marine nationale retrouvera le goulet de Brest entre le 12 et le 18 mai, a-t-on appris de source militaire. Le convoi, qui se situait ce week-end dans le golfe de Guinée, remonte l’Afrique à la vitesse moyenne de 6 nœuds. Il devrait ensuite ralentir, à l’approche de la zone de convergence intertropicale. Dans tous les cas, le vieux « Clem » doit arriver à bon port entre la fin de la semaine 19 et le début de la semaine 20, soit quelques jours avant le retour de la Jeanne d’Arc et du groupe école de la marine, prévu le 22 mai. Si la coque, tirée par le remorqueur Sable Cape, n’avance pas assez vite, l’Abeille Bourbon, beaucoup plus puissante, viendra le remplacer. La manœuvre de ce grand corps inerte de 265 mètres de long imposera une entrée dans la base navale à l’étale de pleine mer, ce qui laissera une fenêtre très courte de 80 minutes pour opérer. A cette époque, les courants dans le goulet atteignent en effet 4 nœuds à la renverse.

Deux jours pour l’amarrage, deux semaines pour la sécurisation

L’ex-Clemenceau sera amarré à l’épi 4 est, le plus protégé de la base navale. Pour le vieux navire, les retrouvailles avec les « épis porte-avions » sont symboliques. C’est en effet là qu'il était amarré en 1974, lorsqu’il a quitté l’escadre de l’Atlantique pour retrouver le Foch en Méditerranée. L’amarrage et l’embossage de la coque prendront deux jours, le temps de passer 8 amarres sur le quai et d’arrimer le Q 790 à trois coffres sur l’arrière. Les marins pompiers prendront ensuite le relais et devront, dans les deux semaines qui suivront, assurer la sécurisation du navire. Après cinq mois et demi de mer, il faudra, notamment, pomper l’eau qui s’est sans doute infiltrée à l’intérieur. Des mesures d’air et d’empoussièrement seront menées, de même qu’éventuellement, une extraction de l’air vicié. Après une inspection de la coque par les plongeurs, les équipes de sécurité devront répertorier les zones dangereuses (vérification des trappes...) Le travail sera colossal, puisque le Clemenceau compte 2800 locaux, partiellement détruits pendant les opérations de désamiantage menées à Toulon. Une fois la coque balisée, 800 mètres linéaires d’éclairage seront mis en place, de même qu’un important dispositif de vidéo surveillance et un filtrage des accès. La marine ne souhaitant prendre aucun risque avec le bateau, des mesures d’eau sont même prévues autour de la coque pendant la durée de son stationnement à Brest. Il s’agit, notamment, de vérifier qu’il n’y a aucune présence de polluant, comme des particules de TBT (tributylétain, utilisé pour les peintures antisalissure).

DCN sous des montagnes d’archives

Alors que l’ancien porte-avions amorce sa dernière ligne droite vers la Bretagne, la ministère de la Défense a demandé à DCN de cartographier les zones les plus susceptibles de contenir des produits toxiques et ce, jusqu’à la moindre tuyauterie : « DCN a construit et entretenu le navire. L’entreprise est donc la plus à même de mener ce travail », souligne la préfecture maritime de l’Atlantique. Pour les anciens arsenaux, la tâche est énorme car il faut exhumer des archives tous les dossiers inhérents à la construction aux différents entretiens du bâtiment, du milieu des années 50 à 1997, date de son retrait du service actif. Plusieurs milliers de dossiers et documents, dont un bon nombre sous forme « papier », doivent donc être épluchés. DCN rendra ses conclusions d’ici juillet. Ces travaux seront remis à la société qui sera retenue à l’issue d’un appel d’offres pour mener l’expertise des matériaux contenus dans la coque du Clemenceau et fournir les éléments préparatoires à une opération de démantèlement.
Sous la pression des associations anti-amiante et la décision du Conseil d’Etat, Jacques Chirac avait ordonné le rapatriement en France du navire le 15 février, alors qu’il se trouvait au large des côtes indiennes.

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