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Le commandant et quatre marins condamnés pour l’accident du MSC Opera à Venise

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Le commandant et quatre marins condamnés pour l’accident du MSC Opera à Venise

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On se souvient des images impressionnantes du paquebot MSC Opera emboutissant le quai San Basilo, dans le canal vénitien de la Giudecca, ainsi que le navire fluvial River Countess qui s’y trouvait, le 2 juin 2019. Par chance, il n’y eut alors que des blessés légers à déplorer parmi les passagers du River Countess qui étaient en train de débarquer.

Le procès de cet incident a eu lieu la semaine dernière devant la justice italienne, devant laquelle étaient renvoyés plusieurs membres de l’équipage ainsi que les commandants des deux remorqueurs qui assistaient le paquebot de 275 mètres de long lors de sa manœuvre d’accostage.

Le tribunal a conclu à la culpabilité de cinq marins, dont le commandant, le chef mécanicien et le chef électricien. Tous devaient initialement purger des peines de prison ferme de cinq mois pour le capitaine, deux mois pour les chefs et dix jours pour les deux marins. Cette peine a été, comme le permet la loi pénale italienne, commuée en amende dont le montant n’a pas été divulgué. Les commandants de remorqueurs n’ont vu aucune charge retenue contre eux.

Le tribunal a conclu à un défaut d’action de la part de l’équipage : une alarme se serait déclenchée plus d’une heure avant les opérations d’accostage et celle-ci n’aurait pas été acquittée. Ce qui aurait provoqué un basculement de l’alimentation des systèmes de contrôle de la propulsion sur le groupe de secours. C’est sur ce dernier que le bateau aurait terminé sa manœuvre, sauf que, visiblement son autonomie n’a pas suffi. La passerelle n’aurait donc plus eu moyen d’agir ni sur la vitesse, ni sur la manoeuvre en phase finale d’accostage. Les remorqueurs n’auraient pas pu contrôler non plus la trajectoire du paquebot, entre autres parce que sa vitesse aurait été trop importante, et supérieure à la limite autorisée, à son entrée dans le canal.

Lors de la procédure, MSC a présenté un mémoire mettant en avant des défauts techniques remontant à sa construction, en 2004, par les Chantiers de l’Atlantique. Ce ne sont visiblement pas ces arguments qui ont été retenus. Mais la compagnie italo-suisse a d’ores et déjà annoncé son intention de poursuivre les investigations de son côté afin de « découvrir les raisons réelles de cet incident ». Aucun des membres d’équipage mis en cause n’a reconnu sa responsabilité.

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