Construction Navale
Le Conseil d’administration de STX France reste inflexible sur le dossier MSC

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Le Conseil d’administration de STX France reste inflexible sur le dossier MSC

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Malgré la forte opposition de la CGT et de Force Ouvrière à l’accord sur la compétitivité,  le Conseil d’administration de STX France n’a pas changé d’avis. Réuni hier à Paris, il a réaffirmé sa position concernant la commande potentielle des nouveaux paquebots de MSC Cruises : La direction ne sera pas autorisée à baisser le prix proposé à l’armateur italo-suisse si le nouveau pacte social n’entre pas en vigueur. Le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, ainsi que l’Etat français, qui possèdent respectivement 66.66% et 33.34% des chantiers de Saint-Nazaire, ne veulent pas que l’entreprise prenne de nouveau une commande à perte, ce qui pourrait la mettre en très grande difficulté dans les prochaines années. Par conséquent, si le projet Vista de MSC (deux paquebots de 150.000 GT et 2000 cabines, plus deux unités en option) demeure une cible prioritaire, la réduction du prix susceptible de déclencher la commande doit se faire par le biais d’une baisse des coûts.  

 

 

Les syndicats divisés

 

 

C’est précisément l’objet du pacte social, qui comprend différentes mesures destinées à réaliser 21 millions d’euros d’économies sur trois ans. L’accord a été signé vendredi dernier par la CFDT et la CFE-CGC qui estiment que, malgré les efforts demandés aux salariés, il faut en passer par là pour assurer la pérennité de l’entreprise et de ses emplois. A l’inverse, la CGT refuse toute remise en cause des acquis sociaux. Quant à FO, elle rejette l’annualisation du temps de travail et souhaite un assouplissement des mesures liées à l’Accord sur la réduction du temps de présence (ARTP) et l’indemnité temporaire dégressive de rémunération (ITDR). Le syndicat a donné à la direction jusqu’à ce jeudi 6 février pour satisfaire ses revendications, faute de quoi il menace de dénoncer l’accord. Or, si FO rejoint la CGT dans l’opposition, les deux organisations, qui ont cumulé plus de 50% des voix lors des dernières élections professionnelles, pourront empêcher la mise en œuvre du nouveau pacte social.

 

 

FO ne devrait pas avoir gain de cause

 

 

Dans l’état actuel des choses, les trois points soulevés par FO ne devraient pas être remis en cause. Car, même si la direction envisageait éventuellement de renégocier tout ou partie de ces mesures, il lui faudrait l’aval de la CFDT et la CFE-CGC, qui ont déjà signé l‘accord. Or, on voit mal les deux syndicats accéder à une telle demande, au risque de se décrédibiliser. Alors que le Conseil d’administration appuie dans le même temps la mise en œuvre du pacte social, Force Ouvrière se retrouve donc dans une position délicate et va devoir manœuvrer finement. Car il est évident qu’en cas d’échec et si jamais la commande de MSC échappe à Saint-Nazaire, le syndicat pourrait bien s’en voir attribuer la responsabilité, même si ce ne serait pas forcément le cas.

 

 

Une dernière opportunité avec la NAO ?

 

 

Alors que la situation parait bloquée et que chacun campe sur ses positions, une possibilité d’ouverture peut, éventuellement, se dessiner aujourd’hui. C’est en effet ce jeudi que débute la première réunion sur la NAO (Négociation Annuelle Obligatoire), puisque la relance de la politique salariale, c'est-à-dire la reprise des discussions sur les augmentations de salaires (qui ont été gelées en 2013), est intégrée au nouveau pacte social. Les négociations qui vont se dérouler dans ce cadre sont sans doute la dernière chance d’éviter de permettre aux protagonistes de cette affaire de trouver, comme on dit, « une porte de sortie honorable ».

 

 

Même en baissant l’offre, Vista n’est pas encore gagné

 

 

Il convient enfin de rappeler que, si STX France parvient à réduire le prix de son offre pour les nouveaux paquebots de MSC, la commande n’est pas pour autant acquise. Ceci dit, comme le résume une source proche du dossier : « avec l’accord sur la compétitivité, nous ne sommes pas sûrs de décrocher ces navires. Mais sans ces économies, nous sommes sûrs de ne pas les avoir ». Compte tenu de l’ampleur du projet, qui pourrait atteindre 2.4 milliards d’euros pour quatre bateaux, le coût est un facteur déterminant. Mais il y en a d’autres, à commencer évidemment par le bouclage du montage financier. Saint-Nazaire est, de plus, confronté à une vive concurrence sur ce dossier, notamment de la part de l’Italien Fincantieri, qui rêve de récupérer le client principal de STX France et fait tout pour y parvenir. D’où l’urgence de proposer une offre compétitive à l’armateur, avant que celui-ci, après 12 ans de fidélité au chantier français, décide de partir ailleurs. Ce serait un véritable coup de massue pour les Nazairiens, qui verraient s’envoler un contrat structurant amenant du travail au chantier et à ses sous-traitants pendant au moins cinq ans. Il resterait alors à espérer que d’autres projets, dont la conclusion et la viabilité économique doit aussi être favorisée par les économies liées au pacte social (comme l’Oasis 4), viennent compenser cette perte éventuelle. L’idéal étant évidemment que toutes les affaires sur le feu soient engrangées et que STX France reprenne au plus vite de la vigueur. 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)