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Le contrat des porte-avions britanniques notifié aux industriels

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Le contrat des porte-avions britanniques notifié aux industriels

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Pendant 10 ans, la Royal Navy a envié à la France le Charles de Gaulle. Maintenant c'est au tour des Français de se dire que les Anglais ont bien de la chance... Après avoir confirmé en mai la commande de deux nouveaux porte-avions, le gouvernement britannique a notifié, jeudi dernier, un contrat d'environ 4 milliards d'euros aux industriels. Les HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales seront donc bel et bien construits, faisant de la Grande-Bretagne la première puissance aéronavale d'Europe. « C'est un jour historique pour chacun dans la Défense. Les deux porte-avions fourniront à nos forces des capacités de rang international dont elles auront besoin dans les prochaines décennies. Ces navires assureront le maintien de la paix, la prévention des conflits et répondent à nos priorités opérationnelles et stratégiques. Ce contrat permettra à notre marine d'avoir des moyens convenables et adaptés au 21ème siècle », a estimé jeudi dernier Des Browne, secrétaire à la Défense britannique.

 Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)
Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)

Les plus gros navires de guerre d'Europe


Les navires, longs de 280 mètres pour un déplacement de 65.000 tonnes, sont livrables en 2014 et 2016. Remplaçant les petits porte-aéronefs du type Invincible (20.000 tonnes, 21 aéronefs), ils pourront embarquer 36 avions F-35 B, à décollage court et appontage vertical, ainsi que 4 hélicoptères. Large de 70 mètres, le pont d'envol s'étalera sur plus de 13.000 m² et s'achèvera par un tremplin, à l'avant, permettant de lancer les avions. Chaque bâtiment sera armé par 1450 marins. Les Queen Elizabeth et Prince of Wales seront les plus gros navires de guerre d'Europe, dépassant assez largement le Charles de Gaulle (261.5 mètres, 42.000 tonnes).

 Montage industriel du CVF (© : ROYAL NAVY)
Montage industriel du CVF (© : ROYAL NAVY)

Une construction en méga-blocs


Destiné à restructurer l'industrie navale britannique, le programme Carrier Vessel Future (CVF) a facilité le mariage de BAE Systems et VT Group (ex-Vosper Thornycroft), dont le gouvernement avait fait un préalable à la signature du contrat. Malgré ce rapprochement sur les navires de surface, qui a donné naissance à BVT Surface Fleet, le montage industriel reste complexe. Les navires, dont la construction représente 10.000 emplois, seront, en effet, réalisés dans plusieurs chantiers sous forme de méga-blocs. Babcock Marine (Rosyth et Appledore), réalisera la proue, du bulbe au tremplin. L'industriel écossais mènera ensuite à bien, à Rosyth, l'assemblage des différents blocs fournis par les autres constructeurs. En dehors de la proue, le reste du navire peut être scindé en deux parties. Les zones situées en dessous du hangar aviation sont confiées aux sites des primo-contractants. Les parties « hautes », dont les deux îlots, semblent, en revanche, devoir faire l'objet d'appels d'offres à l'extérieur. Concernant les méga-blocs de la partie basse, le site BVT de Govan (ex-BAE), près de Glasgow, réalisera les deux grosses sections du tiers arrière (qui abritera notamment la propulsion). Le site BVT de Portsmouth (ex-VT Group) réalisera quant à lui les deux sections du tiers avant (hors proue). L'ensemble fait l'objet d'un contrat de 1.7 milliard d'euros, soit 8 éléments pour deux bateaux. Le méga-bloc de la partie centrale sera réalisé par BAE Systems à Barrow-in-Furness, soit 400 millions d'euros pour deux éléments. Pour la construction des deux proues et l'assemblage final des navires, Babcock reçoit un chèque de 850 millions d'euros. En outre, BAE systems emporte, notamment pour les travaux d'ingénierie, 350 millions d'euros.

 Le montage industriel (© : ROYAL NAVY)
Le montage industriel (© : ROYAL NAVY)

530 millions d'euros pour Thales UK

Et, enfin, la filiale britannique de Thales s'est vue pour sa part notifier un contrat de 530 millions d'euros. Le ministère britannique de la Défense avait, en effet, préféré le design présenté par Thales UK à celui proposé par BAE Systems.
Pour mémoire, les Français ont également pris part aux études de ces porte-avions dans le cadre de l'accord de coopération signé entre Londres et Paris en mars 2006. A cet effet, des ingénieurs français ont travaillé durant près de deux ans sur le plateau intégré de Bristol. Le Memorandum of Understanding franco-britannique comportait notamment une participation financière de la France, enveloppe s'élevant à une centaine de millions d'euros. Les études communes ont servi à adapter le design britannique aux besoins de la Marine nationale, qui devait être dotée d'un second porte-avions. Le président de la République a, néanmoins, choisi le mois dernier de reporter à 2011 ou 2012 la décision de construire, ou non, le PA2. En cas de décision positive, cela repousserait à 2018/2019 la mise en service de ce bâtiment, dont la livraison était prévue en 2014/2015.
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- Voir la vidéo de présentation des CVF

 Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)
Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)

 Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)
Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)

 Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)
Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)

 Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)
Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)

 Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)
Vue du CVF (© : ROYAL NAVY)

 Adaptation française du CVF : Le PA2 (© : DCNS)
Adaptation française du CVF : Le PA2 (© : DCNS)

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