Marine Marchande
Le Cotentin ne sera pas désarmé en mars

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Le Cotentin ne sera pas désarmé en mars

Marine Marchande

Brittany Ferries a finalement décidé de maintenir en activité son fréteur jusqu’en septembre. Initialement, le Cotentin devait être désarmé en mars, au moment où le Barfleur, affrété l’an dernier à DFDS, devait réintégrer la flotte de l’armement breton. A raison de deux allers-retours par semaine entre le Royaume-Uni et l’Espagne, le navire va doubler ses rotations sur le service hispano-britannique de la compagnie.

Exploitée depuis 1978 par Brittany Ferries, cette liaison a connu, ces dernières années, une importante évolution. D’abord orienté vers le trafic passager, comme le rappelle la compagnie, ce service a connu, avec la livraison du Cotentin, un très fort développement du fret au cours de l’année 2008. Cet essor s’est poursuivi avec l’arrivée du Cap Finistère, début 2010, et l’ouverture d’une ligne à destination de Bilbao. Ainsi, en 2012, les navires de Brittany Ferries ont transporté 30.000 camions entre le Royaume-Uni et l’Espagne, évitant que ceux-ci n’empruntent le réseau routier et contribuent à le saturer. « L’Autoroute de la Mer Brittany Ferries, sous pavillon français 1er registre, ne bénéficiant d’aucune aide d’Etat, constitue un dispositif de report modal par la mer, en tous points conforme aux ambitions et objectifs du Grenelle de l’Environnement et du Livre Blanc des transports de l’Union Européenne », souligne la compagnie, qui en profite au passage pour tacler, sans la nommer, sa concurrente LD Lines.

 

 

De l’enjeu des subventions

 

 

Car celle-ci exploite aussi, depuis septembre 2010, une autoroute maritime vers l’Espagne (Gijon) au départ de France (Montoir) avec un navire battant pavillon britannique. Une liaison faisant l’objet d’un traité franco-espagnol et bénéficiant d’importantes aides publiques (les Etats français et espagnol déboursent 30 millions d’euros sur 4 ans). Ce service est également soutenu par le fonds européen Marco Polo (4 millions d’euros sur 4 ans), tout comme l’est d’ailleurs l’autoroute maritime de Brittany Ferries qui, certes, ne touche pas d’ « aide d’Etat » à proprement parler, mais empoche quand même une aide communautaire. Dans le cadre du projet Mos-Gulfstream de liaison maritime entre Portsmouth, Bilbao et Santander, l’armement breton avait, en effet, annoncé en avril 2011 avoir été retenu par la Commission européenne pour bénéficier du fonds Marco Polo, avec une aide maximale de 5.6 millions d’euros sur 4 ans.

Il est vrai que cette somme est loin d’atteindre le niveau des investissements consentis sur la ligne Montoir-Gijon, mais elle vient rappeler que ces projets d’autoroute de la mer, souvent très pertinents pour aider à désengorger les axes routiers en transportant les camions sur des navires, n’en demeurent pas moins très durs à rendre économiquement viables. D’où l’existence de ces  aides publiques pour appuyer leur lancement. Moyennant quoi, on peut se demander si, au cas où les subventions venaient à se tarir en raison d’un contexte économique difficile ou tout simplement n’étaient pas prolongées au-delà des dates prévues, certains services ne s’interrompraient pas brutalement.

Brittany Ferries