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Le coût du pétrole plombe les investissements dans la croisière

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Le coût du pétrole plombe les investissements dans la croisière

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Ambiance morose chez les compagnies de croisière cotées en bourse. Certains groupes ont enregistré une véritable dégringolade ces derniers jours. C'est le cas de l'Américain Carnival Corporation, leader du secteur, dont l'action a perdu 9.29% en une semaine et 27.56% depuis le 1er janvier. Hier, le titre Carnival a clôturé en recul de 0.22%, à 32.23 dollars, soit 20 dollars de moins que son plus haut niveau enregistré depuis un an. La cause de cette chute réside essentiellement dans la flambée du prix du pétrole, qui fait exploser les frais de soute et donc le coût d'exploitation des navires. Sur le seul deuxième trimestre, la hausse du prix du carburant consommé par la flotte du groupe (88 paquebots) s'est élevée à 158 millions de dollars ! « Le pétrole ayant grimpé à plus de 140 dollars le baril, les actions des compagnies de croisière ont dégringolé ces derniers jours. Le marché est extrêmement sensible », reconnaît le président de Carnival Corporation, Micky Arison, dont les propos sont rapportés par Cruise Community (*). Toutefois, si le poids financier du combustible est de plus en plus lourd, les comptes de Carnival sont encore loin d'être dans le rouge.

 Le Carnival Dream sera livré en 2009 (© : CARNIVAL CRUISE LINE)
Le Carnival Dream sera livré en 2009 (© : CARNIVAL CRUISE LINE)

Carnival : 18 nouveaux paquebots commandés pour 9.7 milliards de dollars

Au second trimestre, le groupe affichait un résultat net de 390 millions de dollars, identique à celui enregistré sur la même période en 2007. Mais, entre temps, le chiffre d'affaires, porté par la croissance du marché et les entrées en flotte, a bondi de 2.9 à 3.4 milliards de dollars. Le manque à gagner est donc important, d'autant que Carnival s'est lancé dans un plan d'investissement colossal pour ses différentes filiales. Alors que, depuis le début de l'année, les Queen Victoria, Ventura, AIDAbella, Carnival Splendor et Eurodam sont entrés en service, le groupe attend d'ici 2012 la livraison de 18 nouveaux paquebots. Ces unités, d'une valeur totale d'environ 9.7 milliards de dollars, sont destinées à Carnival Cruise Line, Cunard, Princess Cruises, Costa Croisières, P&O Cruises, Holland America et Seabourn.
En plus du pétrole, qui réduit les capacités d'investissement, les compagnies américaines sont également confrontée à un Euro trop fort par rapport au dollar. Or, qu'il s'agisse de Fincantieri, Aker Yards et Meyer Werft, les trois principaux constructeurs de paquebots se trouvent en Europe.

 La forme de construction de Meyer Werft, à Papenbourg (© : MEYER WERFT)
La forme de construction de Meyer Werft, à Papenbourg (© : MEYER WERFT)

Vers un ralentissement des commandes après 2011

Ces derniers, malgré les importants efforts de productivité réalisés ces dernières années, ne peuvent pas faire de miracles. « Nous travaillons déjà avec des marges basses, c'est une réalité », indiquait vendredi dernier Giuseppe Bono, Administrateur Délégué de Fincantieri, à l'occasion de la mise à flot du Costa Luminosa. Le constructeur italien, comme ses concurrents français, allemand et finlandais, doit lui-aussi composer avec la hausse de l'énergie et des matières premières.
Des capacités d'investissement plus réduites d'un côté, des marges de plus en plus faibles de l'autre... Il reste maintenant à voir jusqu'où armateurs et chantiers pourront aller. « Le coût du dollar pour construire en Europe est un problème et le prix de la construction navale monte en flèche, en plus du problème du pétrole », explique Micky Arison. Pour le patron de Carnival : « Si les conditions actuelles continuent sur une période prolongée, la croissance de la capacité future ralentira. Si le scénario d'aujourd'hui se tient, il est probable que vous verrez un ralentissement dans les constructions neuves après 2011 ». Pour les constructeurs, le ralentissement est déjà perceptible. En dehors du cinquième Solstice de Celebrity Cruises, commandé en février, aucun gros paquebot n'a encore été engrangé cette année par les chantiers. Quant au carnet de commandes, après la bosse de 2009 (11 navires à livrer) et 2010 (14 unités prévues), les cales européennes n'ont pour le moment que 7 paquebots à sortir en 2011 et seulement 3 en 2012. Aker Yards est dans la situation la plus délicate, la visibilité du groupe norvégien se limitant à la fin 2010, moment où l'Allure of the Seas (RCCL) quittera Turku et le second F3 (NCL) Saint-Nazaire.
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(*) Voir le site Cruise Community

 Le chantier Aker Yards de Turku (© : AKER YARDS)
Le chantier Aker Yards de Turku (© : AKER YARDS)

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