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Le destroyer australien HMAS Hobart enfin à l’eau

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Le destroyer australien HMAS Hobart enfin à l’eau

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Après son baptême le 23 mai, le HMAS Hobart, premier des trois nouveaux destroyers lance-missiles de la marine australienne, a été mis à flot au chantier ASC d’Osborne, près d’Adelaide. Un évènement très attendu par la Royal Australian Navy mais assombri par les difficultés rencontrées par ce programme, qui accuse deux ans de retard et dont les coûts ont explosé. « On ne peut pas ignorer le fait que ces bâtiments nous coûtent 3 milliards de dollars (australiens, ndlr) chacun alors que leurs équivalents dans d’autres régions du monde auraient juste coûté 1 milliard », a ainsi commenté, en marge du lancement de la tête de série, Mathias Cormann, le ministre australien des Finances. La facture globale s’élève donc à 6.3 milliards d’euros, ce qui est énorme.  

L’Australie pensait pourtant limiter les difficultés en adoptant un design étranger éprouvé, en l’occurrence le modèle F100 du groupe espagnol Navantia, qui a été préféré en 2007 à l’Américain Arleigh Burke.  L’Air Warfare Destroyer Alliance, regroupant l’agence d’acquisition du ministère de la Défense, les chantiers ASC et Raytheon Australia, a été chargée de porter industriellement le programme, sachant que les bâtiments sont dotés d’équipements américains (armes et senseurs notamment). Initialement, la construction devait se faire avec une simple assistance technique de Navantia mais, rapidement, il s’est avéré que le schéma retenu ne fonctionnait pas. Le programme a donc été remis à plat et le groupe espagnol a partiellement repris en main la réalisation de la coque, allant jusqu'à produire certains blocs dans ses propres chantiers en Espagne.

 

Le HMAS Hobart avant sa mise à l'eau (© : AWD ALLIANCE)

Le HMAS Hobart avant sa mise à l'eau (© : AWD ALLIANCE) 

 

La situation s’est largement améliorée industriellement mais les coûts ont significativement augmenté et les délais se sont allongés. Au final, le HMAS Hobart ne devrait pas être livré à la RAN avant mars 2016, l’entrée en flotte de ses deux sisterships, les futurs HMAS Brisbane et HMAS Sydney, n’étant plus prévue avant septembre 2017 et juin 2019.

Voisins des cinq frégates espagnoles du type F100 (Alvaro de Bazan), ces  bâtiments de 146.7 mètres de long présenteront un déplacement de près de 7000 tonnes en charge. Conçus notamment pour assurer des missions de défense aérienne, ils disposeront du système américain Aegis avec radar à quatre faces planes, ainsi que 48 cellules de lancement vertical pour missiles surface-air SM-2 MR et ESSM. Le reste de l’armement comprendra deux rampes quadruples pour 8 missiles antinavire Harpoon, une tourelle de 127mm, un système multitubes Phalanx, deux canons de 25mm et deux tubes pour torpilles MU90. Pouvant mettre en œuvre un hélicoptère Seahawk et deux embarcations semi-rigides, les nouveaux destroyers australiens, qui seront armés par environ 180 marins, pourront également mener des missions de lutte anti-sous-marine grâce à leur sonar de coque et leur antenne remorquée. Equipés de deux turbines à gaz LM2500 (General Electric) et deux moteurs diesels Caterpillar, pour une puissance propulsive totale de 34.8 MW, ils pourront dépasser la vitesse de 28 nœuds, leur autonomie étant de 5000 milles à 18 nœuds.

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