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Le drone ASM Sea Hunter réalise un aller-retour San Diego-Hawaii

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Le drone ASM Sea Hunter réalise un aller-retour San Diego-Hawaii

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L’Office of Naval Research (ONR) américain a annoncé avoir réalisé avec succès une navigation en mode totalement autonome du Sea Hunter entre la base navale de San Diego, en Californie, et Pearl Harbor, à Hawaii. L’engin a ensuite effectué sans encombre le trajet retour. Il n’y avait aucune présence humaine à bord, si ce n’est quelques transbordements depuis un navire d’escorte de techniciens passant brièvement pour vérifier les systèmes électriques et la propulsion.

Mis à l’eau en 2016, ce démonstrateur de drone de surface à vocation anti-sous-marine a été réalisé dans le cadre du programme de recherche ACTUV (Agency’s Anti-Submarine Warfare Continuous Trail Unmanned Vessel), mené conjointement par l’ONR et la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA).

Développé par la société américaine Leidos (ex-SAIC) et construit par Vigor Technologies à Portland, le Sea Hunter est un bateau de 40 mètres adoptant une coque trimaran en matériau composite (verre-résine). Il affiche un déplacement en charge d’environ 140 tonnes, dont 40 tonnes de carburant, ce qui lui offre une très grande autonomie. Le drone doit en effet pouvoir opérer en continu pendant 70 jours, avec la capacité de franchir 10.000 milles à 12 noeuds. La propulsion comprend deux moteurs diesels permettant d’entrainer deux lignes d’arbres pour une vitesse maximale de 27 nœuds obtenue aux essais.  

 

 

Le Sea Hunter est conçu pour être totalement autonome et évoluer en zones côtières comme en haute mer, sans avoir besoin d’un bateau-mère. Le drone peut être contrôlé à distance mais dispose également d’un système de mission (testé sur un précédent prototype de 12 mètres) lui permettant de gérer ses opérations de manière totalement autonome. Le tout en répondant aux règles internationales établies par l’OMI en matière de navigation (COLREGS). Dans la pratique, cela passe par des manœuvres programmées suivant les usages pour éviter les collisions et, pour les communications radio entre bateaux dont les routes se croisent, un opérateur contrôlant le Sea Hunter peut communiquer à distance via une liaison satellite.

Doté de différents senseurs, dont deux radars de navigation Furuno (un bande S et un bande X) et un système électro-optique avec caméras TV/IR, le drone dispose en outre d’un système de reconnaissance des signaux d’autres navires, comme les coups de corne de brume, lorsque la visibilité est très réduite (un système a déjà été testé).

 

 

 

Le Sea Hunter peut être équipé de différentes charges utiles, dont des sonars optimisés pour la détection de sous-marins. Des tests ont également débuté en 2017 dans le cadre d'un emploi pour la lutte contre les mines. En plus des équipements fixes, l’architecture permettra le cas échéant de mettre en oeuvre des systèmes au moyen d’une rampe.

Le Sea Hunter est conçu pour être déployé dans différentes zones et réaliser des séquences de recherche de manière autonome ou en suivant les instructions du centre de commande à terre (ou éventuellement depuis un navire pré-positionné), qu’il alerte automatiquement en cas de détection.

Pour l'US Navy et l'ONR, l’un des enjeux du programme ACTUV est également de tester la capacité d’un tel drone à évoluer avec d’autres engins du même type pour permettre la « chasse en meute » d’un sous-marin adverse, ainsi que l’intégration d’un tel système au sein d’un dispositif comprenant des bâtiments classiques et des aéronefs.

En 2017, l’ONR a notifié à Leidos un contrat de 43.5 millions de dollars pour construire un second Sea Hunter, dont la livraison est prévue fin 2020. Une plateforme qui intègrera le retour d’expérience du premier drone.

 

US Navy / USCG