Science et Environnement
Le drone sous-marin SeaExplorer demeure silencieux

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Le drone sous-marin SeaExplorer demeure silencieux

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Fausse alerte ! Ce n'est finalement pas le SeaExplorer qui a été retrouvé sur une plage de Cagnes-sur-Mer, comme on l'a cru initialement. Dans le cadre de la campagne de qualification de ce planeur sous-marin, qui comprend plusieurs tests intensifs en mer s'étalant jusqu'à fin 2012, l'engin a été déployé le 5 juillet en baie de Villefranche-sur-Mer pour réaliser des relevés océanographiques entre Nice et la Corse. La mission prévoyait que le drone fasse surface périodiquement entre les plongées, pour transmettre ses coordonnées GPS par satellite et les données scientifiques fraîchement collectées. Seulement voilà, après 6 heures de navigation, le SeaExplorer n'a plus donné de nouvelle. « L'arrêt de la communication arrive occasionnellement sur des engins de ce type (planeurs américains compris), sans toutefois qu'elle n'implique la disparition automatique de l'engin. En effet, le planeur dispose de capacités autonomes de décision lui permettant de terminer sa mission, sans supervision extérieure », explique la société ACSA, son concepteur. Le CNRS, qui porte le projet, est néanmoins inquiet, puisque le laboratoire attend beaucoup des mesures scientifiques qui doivent être collectées avec le SeaExplorer. Tous attendent donc de voir si l'engin va terminer sa mission ou, si ce n'est pas le cas, sera retrouvé. Même dans cette dernière hypothèse, l'expérience peut ne pas être ratée car le drone possède des capacités de stockage propres permettant de restituer les informations collectées en fin de mission.

Le drone SeaExplorer (© : ACSA)
Le drone SeaExplorer (© : ACSA)

ACSA, propriétaire du démonstrateur « muet », rappelle que le précédent test, conduit en décembre 2011, a été un franc succès, et a permis de qualifier la navigation de l'engin et le pilotage à distance via des communications par satellite. Le drone avait alors rallié Nice à la bouée boussole, soit 77 km, dans des conditions extrêmes (vents de 70 km/h, creux de 4 mètres et des courants de 1.5 noeuds) avec seulement 200 mètres d'erreur à l'arrivée. Parmi les hypothèses actuellement envisagées, outre une défaillance technique de l'engin, considérée par ACSA comme peu probable à ce stade du développement, et compte tenu de la qualité du début de mission, la possibilité existe qu'il soit pris dans les mailles d'un filet de pêche perdu ou qu'il y ait eu une collision en surface avec un navire, endommageant l'antenne de l'engin, ce qui expliquerait la situation actuelle. Comme le rappelle son concepteur, « tout planeur, de part son concept même, ne dispose pas d'une propulsion motorisée propre, ce qui l'expose potentiellement à ce type de risque, qu'il est donc inévitable d'assumer », et d'ajouter que cet engin « ne présente, en tout état de cause, aucun facteur de danger ni pour les personnes ni pour l'environnement ».
Long de 2 mètres et présentant un poids de 70 kilos, le SeaExplorer peut plonger à 700 mètres de profondeur.